Par G. Campbell Morgan
Il n'existe aucune trace de l'histoire personnelle d'Abdias, et il est difficile de déterminer avec précision la date de sa prophétie. Le seul élément qui pourrait permettre de le faire est la prise de Jérusalem, à laquelle il est clairement fait référence. Certains passages de Jérémie, apparemment tirés de ce livre, laissent penser que la prise mentionnée est celle de Nebucadnetsar. Le temps corrigé dans les versets 12 à 14 de la version révisée, « Ne regarde pas », au lieu de « Tu n'aurais pas dû regarder », semble indiquer que la prophétie a été prononcée avant la chute de Jérusalem, et non après. À cette époque, la nation était en proie à des troubles politiques. Le peuple était divisé en factions et en partis. Ces partis étaient animés par des passions violentes et les mauvais conseils prévalaient. La nation tout entière se précipitait vers une grande catastrophe. Abdias eut une vision de l'attitude d'Édom envers le peuple élu dans son malheur, et son message fut délivré à leur sujet. Il n'était pas adressé à Édom, mais à Israël, et se voulait une parole de réconfort pour ceux qui, fidèles à l'Éternel, souffraient néanmoins avec toute la nation. Son message se divise en deux parties : le jugement d'Édom (versets 2-16) et la restauration d'Israël (versets 17-21).
A. Le jugement d'Édom - Abdias 1:1-1:16
La prophétie s'ouvre sur une introduction particulièrement digne et autoritaire, qui expose la méthode de communication, la valeur du message, son sujet et une coïncidence confirmatoire.
Le destin d'Édom a été annoncé dans un discours de l'Éternel qui affirmait son action, déclarait l'attitude orgueilleuse d'Édom et annonçait la puissance supérieure de Dieu. Ceci est suivi du commentaire du prophète, composé de ses exclamations d'étonnement et de son discours à Édom, qui déclare que les événements et les hommes en qui Édom avait confiance accomplissaient la volonté de l'Éternel. Ce commentaire est suivi d'un deuxième discours de l'Éternel, prédisant la destruction des sages et la consternation des puissants.
La raison de ce destin funeste était ensuite exposée. Tout d'abord, de manière générale, Édom avait fait violence à son frère Jacob. Au moment où Jacob était en difficulté, Édom était resté à l'écart, puis s'était rallié à ses ennemis. Ensuite, sous la forme d'un avertissement, le prophète indiquait l'attitude d'Édom : au jour du désastre, « ne regarde pas » ; au jour de la destruction, « ne te réjouis pas » ; au jour de la détresse, « ne parle pas avec orgueil » ; au jour du malheur, « n'entre pas dans la porte, […] ne regarde pas l'affliction, […] ne mets pas la main sur les biens » ; au jour de la détresse, « ne coupe pas […] ne livre pas ».
Bien que ces paroles aient été prononcées à titre d'avertissement, elles annonçaient exactement ce qu'Édom ferait, et le verdict final annonçait le destin imminent.
B. Restauration d'Israël - Abdias 1:17-1:21
Alors que le prophète voyait le jugement à venir et prononçait sa malédiction sur la lâcheté du peuple qui se réjouissait du malheur, il voyait néanmoins le jour de la restauration et en parlait pour réconforter le peuple affligé. Il déclara d'abord qu'il y aurait un reste délivré sur le mont Sion, qui serait saint. Il prédit ensuite que le peuple serait victorieux, conquérant, et posséderait sa propre terre. La conclusion de la prophétie est la conclusion de toutes les prophéties : « À l'Éternel appartiendra le règne. »