ÉCLAIRAGE DE LA PAROLE

JOËL

Par G. Campbell Morgan


Joël 1:15

Ah! quel jour! Car le jour de l'Éternel est proche.

Joël était un prophète de Juda. Son message, tel qu'il figure dans ce livre, semble être unique, contrairement aux notes prises au cours d'un long ministère, comme dans le cas d'Osée en Israël. Il a été prononcé à l'occasion de la désolation du pays causée par une invasion de sauterelles. Au début de ce chapitre, nous avons sa description de cette désolation, qui nous permet de comprendre à quel point elle était terrible. C'était un moment où les hommes étaient susceptibles de ruminer sur la calamité, mus en grande partie par la pitié pour eux-mêmes. C'est alors que le prophète a pris la parole, et ses paroles ont interprété la situation et appelé les hommes à reconnaître la véritable signification des calamités au milieu desquelles ils vivaient. C'était le Jour de l'Éternel, ce qui signifiait que c'était le Jour du gouvernement et de l'activité divins. L'arrivée des sauterelles n'était pas un accident. Elles marchaient en rangs, en ordre, et elles accomplissaient la volonté de Dieu. C'est pourquoi le prophète appela les prêtres et le peuple à l'humiliation. Voici donc la première note de cette prophétie. Le message de Joël, du début à la fin, était celui du Jour de l'Éternel, c'est-à-dire le fait du gouvernement divin des affaires humaines ; et sa première application de ce message était d'appeler le peuple à reconnaître que le Jour de l'Éternel était alors présent, qu'il était proche : c'est-à-dire qu'il était proche, non pas dans le sens où il approchait, mais plutôt dans le sens où il était réel et immédiat. Il y a plus à dire - comme nous le verrons - mais notons bien ce premier fait. Le Jour de l'Éternel est ici et maintenant. Il règne aujourd'hui. Les calamités que traversent les hommes sont toutes sous son contrôle. Au lieu de se lamenter sur le malheur, les hommes devraient se lamenter sur le péché et crier vers l'Éternel.

Joël 2:1

Car le jour de l'Éternel vient, car il est proche.

Ces mots expriment la même idée fondamentale, mais formulée différemment. Après avoir interprété le fléau des sauterelles en déclarant que le Jour de l'Éternel était proche, le prophète dit maintenant : « Le Jour de l'Éternel vient, car il est proche. » Dans cette phrase, le mot « car » a la force de « parce que ». La vérité soulignée ici n'était pas tant celle de la réalité du gouvernement divin que celle de sa continuité. Joël déclara que le Jour de l'Éternel n'était pas terminé. D'autres expériences du jugement divin les attendaient encore. Sous la figure du fléau des sauterelles, il décrivait l'invasion imminente d'un ennemi qui apporterait des dévastations bien plus terribles au peuple. C'est pourquoi il appelait à nouveau la nation à la repentance et déclarait la manière dont elle pouvait changer le caractère même du gouvernement divin en celui de la miséricorde, de la guérison et de la restauration. Là encore, il y a matière à prêter une attention particulière. Le Jour de l'Éternel n'est pas seulement présent, il est toujours à venir. Quand une grande action de Dieu a pris fin, Son gouvernement n'a pas cessé. Il poursuit Son chemin sans interruption. Si, par une manifestation de Sa puissance et de sa majesté, les hommes n'apprennent pas les leçons qu'il veut leur enseigner, alors ils ne lui ont pas échappé. Par d'autres moyens, plus terribles que ceux déjà expérimentés, il se fera connaître. Telle est l'histoire de l'humanité, et il en sera ainsi jusqu'à ce que « le grand et terrible Jour de l'Éternel vienne », le jour où il rendra Son jugement final sur le mal afin d'établir son Royaume sur terre selon la grâce de Son cœur.

Joël 3:14

Car le jour de l'Éternel est proche, Dans la vallée du jugement.

Une fois encore, nous avons le même fardeau, mais dans son application finale. Le prophète, après avoir interprété le fléau des sauterelles et prédit une nouvelle action de Dieu dans le gouvernement, fut élevé et transporté bien au-delà de son époque immédiate. Ce mouvement a commencé dans le chapitre précédent, au verset 2:28, avec les mots : « Et il arrivera après cela ». Cet « après cela » a transporté sa vision vers l'ère de l'Esprit qui a commencé le jour de la Pentecôte. Seuls deux versets traitent de cet âge (28 et 29). Il a ensuite parlé des signes qui indiqueraient la fin de cet âge et l'avènement d'un autre qu'il a décrit comme « le jour grand et terrible de Jéhovah ». Le mouvement final de son message concerne ce jour ultime de l'Éternel, le jour de la décision. En ce jour-là, l'Éternel restaurera Juda et Jérusalem, retrouvera son peuple perdu, Israël, traitera avec les nations par le biais de la guerre, fera de Sion le centre de son royaume terrestre et d'Israël, en tant que nation complète, l'instrument de Son gouvernement. Ainsi, Joël reçut le plan des âges. Il vit le proche, l'imminent et l'ultime ; et il vit que le jour de l'Éternel était présent, persistant, puissant, jusqu'à la réalisation complète du dessein divin. C'était une grande vision, et notre secret de confiance réside dans le fait de marcher dans sa lumière. Nous vivons dans l'ère infinie de l'Esprit. Elle dure depuis plus de mille neuf cents ans. Nous ne savons pas quand elle prendra fin, mais nous savons qu'au-delà se trouve « le jour grand et terrible de l'Éternel » ; et c'est pourquoi nous sommes sûrs de la réalisation ultime de tous ses desseins pour les hommes.

Amos