CHAPITRE 4 - CHRIST EST LE TOUT DE DIEU
Par Watchman Nee

« Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit: voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le pêche du monde. » (Jean 1:29)

« Jésus leur dit: Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. » (Jean 6:35)

« Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes. » (Jean 6:53)

« Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8:12)

« C'est pourquoi Je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos pêchés. » (Jean 8:24)

« Jésus donc leur dit: Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous connaîtrez ce que je suis, et que Je ne fais rien de moi-même, mais que Je parle selon ce que Père m'a enseigné. » (Jean 8:28)

« Jésus lui dit: Je suis, le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par Moi. » (Jean 14:6)

« Or, c'est par Lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse et justice et sanctification et rédemption. » (1 Corinthiens 1:30)

« Quand Christ, votre vie paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec Lui dans la gloire. » (Colossiens 3:4)

« Paul, apôtre de Jésus-Christ, par ordre de Dieu notre Sauveur et du Seigneur Jésus-Christ notre espérance. » (1 Timothée 1:1)

« L'Eternel est ma lumière et mon salut: de qui aurais-je crainte? L'Eternel est le soutien de ma vie: de qui aurais-je peur? » (Psaumes 27:1)





Christ est la finalité de Dieu et aussi l'agent de Dieu.

L'aboutissement de toute l'activité divine c'est Christ et le moyen pour y parvenir c'est aussi Christ. Tout est par Christ et pour Christ. Ce que nous pouvons comprendre du dessein de Dieu, se trouve particulièrement exposé dans les Ephésiens et dans les Colossiens. Voyons maintenant ce qu'est le dessein de Dieu en parcourant ces deux livres. Au préalable, notons qu'il existe une distinction entre eux. Dans les Ephésiens, nous voyons comment, selon le dessein éternel de Dieu, Il a tout préparé pour que, lorsque les temps seraient accomplis, Il puisse tout rassembler en Christ, tant ce qui est dans les cieux que ce qui est sur la terre. D'autre part, nous voyons dans les Colossiens, non seulement que Dieu donne à Christ la première place en toutes choses, mais encore bien plus, que Christ doit être tout et en tous. Ainsi donc, l'épître aux Colossiens nous montre que Christ est le moyen, et qu'Il est aussi la finalité de Dieu. La finalité de Dieu, c'est de donner à Christ la première place en toutes choses. Afin d'atteindre ce but, Dieu doit obtenir que Christ soit tout. C'est seulement en étant tout et en se trouvant en toutes choses que Christ pourra rassembler en Lui-même tout ce qui est dans le ciel et sur la terre. Si Christ est tout, naturellement toutes choses sont concentrées en Lui. S'Il réside dans tout ce qui est, se pourrait-il qu'il en soit autrement pour les choses?

Souvenons-nous qu'aux yeux de Dieu, il n'y a que Christ et non pas des choses. Il ne regarde ni aux oeuvres ni aux choses, Il ne voit que Christ. Tout ce à quoi nous pensons habituellement n'existe pas aux yeux de Dieu. Aujourd'hui, nous reconnaissons probablement qu'il s'accomplit beaucoup de choses et d'oeuvres dans le monde. Selon notre point de vue terrestre, il y a des choses et des oeuvres qui se font ici ou là, mais selon Dieu, Christ est tout. En conséquence, nous pouvons dire qu'il n'y a, en quelque sorte, ni affaires ni choses. Mais Christ est tout et Il est en tout. Et le jour viendra où le dessein éternel de Dieu sera accompli. Je souhaite que nous puissions saisir une chose, c'est que Christ rassemble toutes choses en Lui-même. Cela s'accomplit déjà aujourd'hui dans l'Eglise; Et ce ne doit pas être quelque chose qui se fera seulement dans le futur ou qui sera vrai lorsque le dessein éternel de Dieu sera finalement accompli.

Dieu veut ouvrir maintenant nos yeux pour nous montrer que dans l'Eglise, Christ est à la fois dans les affaires et les choses. L'Eglise commence à le comprendre, et commence à vivre dans ce domaine spirituel. Si l'Eglise voit toujours des choses et des oeuvres, cela prouve simplement qu'elle n'a pas encore vu Christ. Bien entendu, les choses et les oeuvres auxquelles nous faisons allusion ne se rapportent pas simplement à ce qui est dans ce monde, mais il s'agit particulièrement de ce qui est du domaine spirituel.



L'Evangile de Jean révèle que Christ est le Tout de Dieu.

Il est à remarquer que nous trouvons dans l'Evangile de Jean, beaucoup de termes qui ne se rencontrent pas dans les autres Evangiles. L'Evangile de Jean est le plus profond de tous les Evangiles et aussi le dernier qui fut rédigé. Il fut écrit après que tout le reste du Nouveau Testament fut composé. Les autres Evangiles et beaucoup d'épîtres avaient déjà été écrits. C'est alors que Jean, finalement, écrivit cet Evangile. Dans cet Evangile, il nous est montré quelle est l'appréciation de Dieu à l'égard de Christ. Il nous est également dit que nous devons connaître Christ comme Dieu Le connaît.

Nous comprenons que le besoin de Dieu n'est pas seulement d'avoir un agneau ni de donner uniquement le pain de vie. Nous comprenons aussi que Dieu n'accorde pas simplement le chemin, la vérité et la vie. Ce n'est pas non plus seulement que Christ use de son pouvoir pour restaurer la vie de l'homme ou redonner, comme une fin en soi, la vue à l'homme. Dans tout l'Evangile de Jean, nous voyons un grand fait, c'est que Christ est toutes ces choses. Il dit qu'Il est la lumière du monde; Il ne dit pas qu'Il est capable de donner une lumière aux hommes. Il dit qu'Il est le pain de vie; Il ne dit pas qu'Il nous donnera un pain de vie. Il dit qu'Il est le chemin; Il ne dit pas qu'Il nous guidera pour marcher sur un chemin. Il dit qu'Il est la vérité; Il ne dit pas qu'Il nous enseignera une vérité. Il dit qu'Il est la vraie vie; Il ne dit pas qu'Il nous donnera la vie. Lorsque Lazare mourut, Christ n'a pas dit à Marie et à Marthe qu'Il avait le pouvoir de ressusciter leur frère mais Il leur déclara qu'Il était la résurrection.

S'il vous plait, notons bien que le pain de vie est une chose. Il en est ainsi de la lumière, du chemin, de la vérité, de la vie, de la résurrection ou de l'agneau. Mais le christianisme n'est pas un ensemble de choses, mais uniquement Christ. Tout réside en cela. Nous avons besoin de comprendre, devant Dieu, que ce qui constitue notre expérience, ce ne sont ni des choses ni des affaires, mais seulement Christ. Non pas qu'Il nous donne la lumière, mais Il est notre lumière; non qu'Il nous conduise dans le chemin mais Il est le chemin; non qu'Il nous donne la vie, mais Il est notre vie; non qu'Il nous enseigne la vérité, mais Il est la vérité. Frères, saisissons-nous cela? Tout ce que Christ donne, c'est ce qu'Il est en Lui-même.

Un jour, je m'adressais à un groupe de personnes à propos de ce grand fait spirituel. Tandis que je parlais, beaucoup me regardaient avec attention. Je leur dis alors que je voulais leur faire part d'un fait très important, à savoir que le Christ de Dieu est le Tout de Dieu, car Dieu n'a rien d'autre que Christ! Dieu ne nous a pas donné la lumière, Il nous donne Christ; Dieu ne nous donne pas de la nourriture, Il nous donne Christ ; Dieu ne nous a pas donné le chemin, mais Il nous donne Christ. Le Christ de Dieu est toutes ces choses; en dehors de Lui, Dieu ne veut rien nous donner. L'apôtre Paul avait compris:

1 - que Christ est notre espérance.

Je désire que vous considériez comment Paul, plus tard, a parlé de la même manière que le Seigneur Jésus. Il connaissait bien le Seigneur et il a pu dévoiler certains faits merveilleux. Le premier fait, il l'exprime à Timothée en ces termes: "Christ Jésus (qui est) notre espérance." J'aime lire cette déclaration. Qu'en est-il de vous? Il n'a pas dit que notre espérance est dans le Christ Jésus, mais il affirme que Christ est notre espérance.

2 - que Christ est notre vie.

Paul écrivit aussi aux Colossiens: « Quand Christ, qui est votre vie, sera manifesté » Paul dit: « Christ votre vie. » Au lieu de dire: « Quand Christ sera révélé », il déclare: « Quand Christ votre vie, sera révélé. » Voyons-nous maintenant qu'un chrétien n'a rien d'autre que Christ?

3 - que Christ est notre sagesse, notre justification, notre sanctification et notre rédemption.

Ce verset de 1 Corinthiens 1:30 est un des plus connus de l'Écriture et des plus utilisés dans nos prédications. La traduction littérale est la suivante:

« De par Dieu nous sommes en Christ Jésus, qui est devenu pour nous sagesse de la part de Dieu, à la fois: justice et sanctification et rédemption. »

Dieu ne nous a pas donné la rédemption, Il nous donne Christ car Christ est notre rédemption. Dieu ne nous a pas donné la sagesse, Il nous donne Christ car Christ est notre sagesse. C'est pour cette raison que nous déclarons que le Christ de Dieu est LE TOUT de Dieu. « Les choses » de Dieu sont le Christ de Dieu; en-dehors de Lui, Dieu n'a ni choses ni affaires.

Supposons que Dieu nous dise, aujourd'hui, qu'Il veut faire de Christ Celui qui nous justifie. Que penserions-nous? Nous dirions, bien sûr, qu'Il est Celui qui nous justifie. Mais, d'après ce que Paul a écrit, Dieu n'a pas fait du Seigneur Jésus Celui qui nous justifie. Dieu a décrété qu'Il est notre justification. N'est-ce pas une merveilleuse chose? Christ est notre justification.

Dieu ne dit pas, à travers Paul, que le Seigneur Jésus doit être Celui qui nous sanctifie. Mais, par contre, Il déclare que le Seigneur Jésus est la sanctification. Christ ne vient pas pour nous sanctifier. Il vient pour être Lui-même notre sanctification. Notre sanctification n'est pas une chose, une oeuvre ni une conduite. Notre sanctification est une personne, elle est Christ Lui-même.

Dieu n'affirme pas que le Seigneur est Celui qui nous rachète, mais Il dit que le Seigneur est notre rédemption. Cela nous semble-t-il étrange? Paul ne nous dit pas que Dieu a arrêté que le Seigneur Jésus doit être celui qui nous rachète, mais bien plus, Il déclare que le Seigneur Jésus est la rédemption.

Dieu soit loué, Christ est notre rédemption et aussi notre rédempteur. Il est notre sanctification et aussi Celui qui nous sanctifie. Il est notre justification et aussi Celui qui nous justifie. Il est notre sagesse et aussi Celui qui nous rend sages.



David a saisi que Christ est notre salut

Si je vous demandais : le Seigneur Jésus est-Il notre Sauveur? Je crois que vous répondriez tous: « en effet, le Seigneur Jésus est notre Sauveur. » N'est-ce pas peu courant d'entendre ce que le Psaume 27:1 déclare: « L'Eternel... est mon salut »? Nous savons que le Seigneur est notre Sauveur, car c'est un fait pour nous. Mais Dieu a montré à David que le Seigneur était notre salut. Le Seigneur Jésus est à la fois notre Sauveur et notre Salut. C'est le Seigneur Jésus Lui-même que Dieu nous donne.



Le christianisme vivant ne possède qu'une seule Personne

Peut-être me demanderez-vous pourquoi j'insiste sur ce fait? Mais c'est parce qu'en cela est toute la différence entre le christianisme vivant et le christianisme mort. La distance qui les sépare est incommensurable. L'un est spirituel, tandis que l'autre ne l'est pas. Le premier procède de Dieu, alors que l'autre n'est qu'une invention humaine. Permettez-moi de dire que, lorsque vous étudiez la Bible avec soin, vous découvrez que dans la Bible, se trouve définie une personne et non pas une chose. Et cette Personne est le Seigneur Jésus. Vous ne pouvez rien trouver en dehors de cette Personne.

Il existe un important problème parmi les enfants de Dieu aujourd'hui. Le christianisme qu'ils connaissent est très fragmentaire. On peut l'exprimer de cette manière: vous avez une petite grâce, j'ai reçu un petit don, et il parle une petite langue. Cet homme a expérimenté un certain changement dans sa conduite, cet autre possède une bonne mesure d'amour, celui-ci est patient et celui-là a de l'humilité. C'est ce qui est, communément appelé christianisme, mais est-ce bien cela le christianisme? Le christianisme n'est rien d'autre que Christ Lui-même. Saisissons-nous la différence? Ces deux voies sont totalement divergentes. Le christianisme n'est pas une chose que Christ nous donne; le christianisme, c'est Christ Lui-même se donnant à moi. C'est en cela que réside le problème. Aujourd'hui, les gens considèrent que le christianisme consiste à recevoir des choses venant de Christ. Lorsque j'étais pécheur, Christ m'a accordé Sa grâce et Sa miséricorde. Maintenant que je suis devenu chrétien, Il me donne de la patience, de l'humilité, de l'amabilité et toutes sortes de choses. Mais non, il n'en est pas ainsi.



Il n'y a rien d'impersonnel dans le christianisme

Il ne s'agit pas, pour Dieu, de la question du « don » qui nous vient de Christ; c'est plutôt Dieu qui nous donne Christ Lui-même. Dieu ne nous a pas accordé de l'humilité, de la patience et de la gentillesse, Il nous accorde Christ dans son intégralité. C'est Christ qui devient notre humilité, notre patience et notre amabilité. C'est Christ, le Seigneur vivant. Voilà le véritable christianisme! Veuillez observer qu'il n'y a rien d'impersonnel dans le Christianisme. Vous n'y trouverez pas des éléments impersonnels. Chaque aspect du christianisme est contenu dans une Personne qui est Christ. Pour l'exprimer d'une autre manière, notre patience n'est pas une chose, c'est une Personne; notre sanctification n'est pas une expérience, mais un Homme; notre justification n'est pas une chose, c'est Quelqu'un; notre justice n'est pas une façon d'être, elle est un Etre. Lorsque nous sommes rachetés et délivrés, nous ne recevons pas tel ou tel aspect de ces choses, car notre rédemption et notre délivrance sont vivantes. Notre patience, notre humilité, notre gentillesse ou notre amour ou toute autre vertu ne sont pas des choses, mais le Seigneur Lui-même. Le christianisme est vraiment cela. Dans la vie des croyants, aujourd'hui, Christ est déjà Tout et il n'est pas nécessaire de l'espérer pour un futur lointain.

Certains pourront se demander comment nous pouvons affirmer que Christ est Tout. Permettez-moi de vous dire, que si vous connaissez réellement le christianisme vivant, vous n'aurez aucune difficulté pour reconnaître que Christ est Tout. Non pas qu'Il donne tout, mais qu'Il est Tout.

Maintenant, il y a peut-être une question qui s'élève : pourquoi tant d'enfants de Dieu sont-ils dans la défaite? Cela vient du fait qu'ils s'attendent à recevoir de Dieu un don au lieu de Christ Lui-même. Ils s'attendent à recevoir de Dieu des choses fragmentaires, mais ils n'ont pas « reçu » le Christ de Dieu. Ils possèdent des objets et des choses, mais pas une « Personne. » Je me demande dans quelle mesure nos yeux sont ouverts à cet aspect. Je pense pouvoir affirmer catégoriquement que la solution à ce problème constitue la réponse à tous les autres problèmes. Quand nous avons été sauvés, nous avons entendu la Parole de Dieu déclarer: « Car Dieu a tant aimé te monde, qu'Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean 3:16)

Nous avons ressenti, dans notre coeur, le besoin d'être sauvés. C'est pourquoi, en nous plaçant devant Dieu, nous aurions pu prier ainsi: « Seigneur, Tu m'as aimé et Tu T'es donné Toi-même pour moi. Veux-Tu aussi me donner le salut? Tu es devenu mon Sauveur, me donnerais-Tu aussi le salut? » Nous serions bien insensés de réclamer le salut comme si le Sauveur Lui-même n'était pas suffisant. C'est pourtant ce que beaucoup font.

Quel Évangile prêchons-nous? Nous annonçons que Dieu nous a donné le Sauveur. Mais, lorsque nous nous repentons, nous disons dans la prière: « O Dieu, donne-moi le salut. » Permettez-moi de vous dire que Dieu n'a qu'un Fils, et ce Fils est notre salut. En recevant le Sauveur, nous avons le salut. Pourquoi s'attendre à recevoir autre chose? Seul un insensé pourrait prier de cette manière: « Puisque Tu es devenu mon Sauveur, maintenant donne-moi aussi le salut. »



« Je suis... »

Aujourd'hui, nous sommes chrétiens. Nous sommes sauvés, et Dieu nous a donné Christ pour être notre vie. Cependant nous continuons à demander à Dieu une chose, deux choses, trois choses, dix choses, quinze choses, une centaine de choses, un milliard de choses. Nous pensons que ces choses ont de l'importance. Mais Dieu veut nous montrer que Christ est notre Tout.

C'est pour cette raison que Dieu, dans Sa Parole, révèle que le Nom de Christ est « JE SUIS. » Nous avons besoin de comprendre et d'expérimenter toujours plus ce que signifie ce nom béni.



Obtenir la nourriture

Dans l'Évangile selon Jean, le Seigneur Jésus déclare: « Je suis le pain de vie. » Nous demandons du pain car nous le considérons comme une chose. Nous avons tellement faim que nous intercédons auprès de Dieu, afin qu'Il veuille bien nous accorder du pain. C'est surprenant, mais tous ceux qui demandent du pain ne l'obtiennent jamais; c'est pourquoi ils demeurent affamés. Jusqu'à présent, et je n'ai pas servi le Seigneur assez longtemps, mais je L'ai servi suffisamment d'années pour pouvoir dire que je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui, demandant du pain, l'ait obtenu. Vous pourrez peut-être rétorquer: « La Parole de Dieu peut-elle se tromper? Dieu n'a-t-Il pas dit: « Car Il a rassasié les affamés avec des biens (des bonnes choses) » (Psaumes 107:9). Ma réponse est, bien sûr: « Il a rassasié les affamés avec des biens (des bonnes choses.) » (Luc 1:53, version anglaise). Mais que sont ces « bonnes choses » qui rassasient les affamés? Nous devrions savoir que ce qui nous satisfait aux yeux de Dieu, ce n'est pas du pain, mais Christ. Souvent nous nous sentons affamés et vides intérieurement; croyant que Dieu peut répondre à ce besoin, nous prions et nous nous attendons à être nourris. Mais nous ne savons pas comment obtenir de la nourriture. Tout ce que nous savons devoir faire, c'est d'aller plus près du Seigneur, en croyant et en recevant toujours plus ce qu'Il est, et nous satisfaire toujours plus de Lui. Ce qui nous étonne, c'est que, bien que n'ayant pas reçu la nourriture souhaitée, nous sommes cependant satisfaits. Nous n'avons pas reçu la nourriture à laquelle nous pensions mais, en nous approchant du Seigneur, nous avons été satisfaits en croyant et en acceptant ce qu'Il est. Car la nourriture, pour Dieu, c'est Christ. Ce n'est pas quelque chose qui s'appelle de la nourriture. Les chinois ont un proverbe: « un pour tous. » Cela peut sûrement s'appliquer aux choses de Dieu. Quelle que soit la chose demandée, Dieu répond toujours par Christ: Celui qui est « un pour tous. »



Ma justification et ma Sanctification

Je me réjouis toujours et je loue Dieu pour la simple raison que ma justification n'est pas le fait de ma propre conduite mais qu'elle est une Personne: le Seigneur Jésus. Puisque ma justification, c'est le Seigneur Jésus, je puis non seulement dire que j'ai cette justification, mais je peux aussi parler de ma justification et louer et donner gloire à ma justification. Est-ce que cela vous semble étrange? Vous pouvez peut-être vous demander comment je peux donner gloire à ma justification. Cependant, j'ai souvent donné gloire à ma justification, car ma justification est une Personne, c'est le Seigneur Jésus Lui-même. De même, ma sanctification n'est pas due à ma propre conduite. J'ai fréquemment loué ma sanctification. Je ne prétends pas dire que j'ai loué ma conduite. Au contraire, je hais ma manière de me comporter. Cependant, je peux louer ma sanctification, parce que ma sanctification c'est mon Seigneur. Combien ces deux choses sont différentes ! La première est une chose, alors que l'autre, c'est le Seigneur Lui-même.



Dieu détruit pour pouvoir édifier

Dans notre expérience spirituelle, nous constatons un fait. C'est qu'après bien des années de vie chrétienne, nous découvrons que nous nous irritons beaucoup plus que dans les premiers temps de notre nouvelle naissance. Je me souviens de certaines personnes qui m'ont confié qu'au tout début de leur vie chrétienne, elles pouvaient être patientes, capables de pardonner et remplies de l'esprit de prière, mais qu'à présent, elles ne le pouvaient plus. Autrefois, elles pouvaient supporter tout ce qui leur arrivait à l'école, à la maison ou au travail, mais maintenant, elles ne pouvaient plus réagir comme auparavant. Même si leur mauvais tempérament ne se manifestait pas dans ces occasions, intérieurement, elles avaient un désir de revanche. De tels cas sont trop fréquents pour être dénombrés. Nombreux sont ceux qui m'ont dit ne plus être humbles, patients, aimables, affectueux ou zélés comme autrefois.

Frères et soeurs, gardons bien en mémoire que Dieu doit enlever tout ce qui, en nous, n'est qu'une « chose. » En effet, lorsque nous avons commencé de croire au Seigneur, nous avons demandé de l'amour quand le besoin s'en faisait sentir. Permettez-moi de dire (dans ce cas, je peux appliquer cette déclaration de la Parole à cette situation: « parler comme un enfant ») que Dieu, dans ce cas, nous donne une dose ou un sac plein d'amour afin que nous puissions aimer. L'amour, dans ce cas, est un objet, bien que nous ayons pu effectivement en recevoir une certaine mesure. Cependant, laissez-moi vous dire que Dieu ne permettra pas que l'amour soit pour toujours une chose dans nos vies. Il devra, en fin de compte, faire de Christ notre amour. C'est pour y parvenir, qu'Il doit ôter de nous, cet objet ou cette chose appelé amour. Bien des chrétiens, qui avaient un mauvais caractère ou un tempérament emporté avant de connaître le Seigneur, considèrent la patience comme un don et le salut comme une chose en elle-même. S'ils peuvent l'obtenir, pensent-ils, alors tout ira pour le mieux. Cela peut aller mieux durant un ou deux ans, mais la troisième année cela n'a plus d'effet.

Dieu accomplit une oeuvre identique dans la vie de beaucoup de Ses enfants. Il enlève ces choses, non seulement les choses de ce monde, mais aussi celles qui sont du domaine spirituel. Avant d'avoir été sauvés, les choses mondaines et ces préoccupations usurpaient la place de Christ. Mais, après avoir été sauvés, les choses et les préoccupations spirituelles tendent également à occuper la place de Christ. C'est pourquoi Dieu doit nous faire découvrir un jour que « Christ est mon monde. » Avant, Il enlevait en nous les choses de ce monde; maintenant Il ôte nos « choses » spirituelles. Il enlève notre propre patience, l'amour, la puissance, l'amabilité, l'humilité. Il enlève vraiment tout, afin que nous ne puissions pas vivre par ces bonnes choses, mais vivre par une Personne. Nous ne sommes pas patients parce que nous en avons reçu la capacité, mais parce que nous avons reçu une Personne. Il en est ainsi pour l'humilité et tout le reste; non pas la puissance, mais une Personne.

C'est pour cette raison que Dieu accomplit une oeuvre de destruction quotidienne dans la vie de Ses enfants, afin qu'Il puisse accomplir aussi une oeuvre quotidienne de construction. Chaque jour, Il détruit les choses, et chaque jour Il édifie Christ. C'est ainsi que Dieu agit à l'égard de Ses enfants. Permettez-moi de vous dire qu'autrefois, Dieu, apparemment, vous accordait un don ou le pouvoir d'être patients. Ainsi vous avez peut-être pensé que votre problème à l'égard de la patience était résolu. Vous avez agi de même en ce qui concerne l'humilité et, de nouveau, il vous a semblé que Dieu vous en accordait le don et la possibilité d'être humbles. C'est pourquoi, vous en êtes arrivés à conclure que votre problème, concernant l'humilité, était aussi réglé. Ensuite, vous avez réalisé qu'il y avait un autre problème dans votre vie. Pour le résoudre, vous avez encore réclamé à Dieu la solution. Chaque jour, vous avez essayé de résoudre un ou deux problèmes; cependant, vous ne faisiez que régler des problèmes de manière fragmentaire.

Frères, Dieu veut ôter toutes ces choses, afin de vous donner une Personne qui sera tout à la fois votre humilité, votre patience, votre amabilité et votre amour. Car Christ est Tout. C'est là ce qui constitue réellement le christianisme. Dieu édifie sans relâche, jusqu'à ce que finalement, tout l'univers même confesse que Christ est vraiment Tout. Aujourd'hui, Dieu désire oeuvrer en nous pour pouvoir déclarer que Christ est Tout.

Veuillez me pardonner cette référence à moi-même pour un instant. Je suis concerné par la vie spirituelle d'un bon nombre de personnes. Souvent, je remarque que certains ont besoin d'aide, et je les exhorte en leur disant: « Frère, l'amour te fait défaut. La prochaine fois, tu dois manifester de l'amour à l'égard de ton frère. » Ainsi donc, je l'encourage à aimer. Supposons qu'il écoute ce que je lui ai dit et qu'il parvienne à aimer son frère. Nous le considérerons alors comme un bon frère et nous serons réconfortés en voyant le résultat de notre travail. Cependant, ce que ce frère a manifesté, c'est son propre amour et non pas Christ. Pour lui, l'amour n'est pas une Personne, mais uniquement une chose, une des multiples facettes du comportement des hommes. C'est ce que j'appelle le savoir-vivre chrétien, car il met en valeur certains aspects de la bonne conduite des hommes. Mais en fait, c'est l'homme qui oeuvre, qui interroge, qui pense, qui prie, qui croit, qui reçoit, qui espère et parvient à résoudre cette question de l'amour. C'est pourquoi je dis que l'amour, dans sa vie, n'est qu'une chose, une façon de se conduire. Il en est tout autrement lorsque l'amour est Christ. L'amour c'est Christ et non pas moi. C'est Christ et non pas moi qui aime. L'amour procède alors de la loi de la Vie et non pas d'une manière de se conduire délibérée. C'est un christianisme tellement différent. Je me demande si vous avez bien saisi cela. Que ressentez-vous, quand, après avoir aidé un frère à marcher avec le Seigneur, vous apprenez, plus tard, qu'il est toujours occupé avec « les choses » du christianisme? Et cependant, n'a-t-il pas besoin de connaître Christ comme le Tout de Dieu?



Une connaissance plus profonde

Permettez-moi d'avancer encore dans l'explication de ce que signifie connaître Christ. Cela nécessite de connaître Christ, dans les choses et dans les affaires. Certains peuvent dire qu'ils connaissent Christ comme leur patience. C'est ce que l'on appelle connaître Christ. D'autres peuvent Le connaître comme étant leur amour; d'autres encore connaissent Christ comme étant leur humilité. Une telle connaissance produira un effet radical dans la vie. En conséquence, vous pourrez en déduire qu'il n'y a pas de « choses » dans votre vie. Je crois que plusieurs peuvent le déclarer, car ils savent en expérience, ce que cela signifie. Dans leur monde, même dans leur monde spirituel, il n'y a pas autre chose que Christ. Par exemple, ils savent qu'ils ne sont pas saints en dehors de Christ. Cela ne signifie pas, bien sûr, qu'ils ne sont pas saints en expérience, mais que maintenant, Christ est leur sainteté. Immédiatement, ils comprennent que Christ est Tout et ils peuvent être complètement délivrés de toutes ces questions extérieures. Tout cela résulte de la connaissance de Christ et non pas d'une prière d'exhortation ni d'encouragement.

J'aimerais que tous les serviteurs de Dieu remarquent bien le fait suivant: la solution ne réside pas dans l'exhortation ou dans les encouragements, mais dans la connaissance vivante de Christ. En encourageant les croyants, nous les incitons seulement à réagir d'eux-mêmes. Mais lorsque Dieu leur ouvrira les yeux, ils connaîtront Christ; c'est en cela qu'est la vraie solution. De telles paroles peuvent être répétées des centaines de fois sans résultat, jusqu'à ce que Dieu ouvre nos yeux pour saisir que Christ est ce que nous cherchons vraiment. Beaucoup Le connaissent comme le Seigneur qui les justifie; néanmoins ils ont peur de Dieu, parce qu'ils ne connaissent pas Christ comme leur justice. Beaucoup savent que le Seigneur Jésus est Celui qui les sanctifie, mais ils s'attendent à recevoir la sainteté de la part de Dieu. Pourquoi? Parce qu'ils recherchent uniquement la sainteté. Puisque le Seigneur est Celui qui les sanctifie, ils Lui demanderont la force pour être saints. En agissant ainsi, ils découvriront bientôt leur impossibilité d'être saints. Ce n'est que lorsque Dieu aura ouvert leurs yeux, et leur aura donné la lumière pour voir que Christ est leur sainteté, (et non leur désir d'avoir la sainteté, ni la puissance que Dieu leur accordera pour être saints), que leur difficulté sera surmontée, car Christ est alors devenu la sainteté en eux. Permettez-moi de vous dire que nous pouvons perdre la puissance, mais que nous ne pouvons jamais perdre Christ. Notre sainteté ne repose pas sur ce que nous faisons, mais sur ce que Christ est pour nous. Lorsque nous Le connaissons comme notre Tout, tous nos problèmes sont résolus. C'est pourquoi je n'ai d'autre message que celui-ci: Christ est Tout. Mais c'est là qu'est la difficulté: beaucoup connaissent Christ comme leur Seigneur, mais ils ne Le connaissent pas dans leurs choses et dans leurs affaires. Si nous ne voyons Christ que dans ce qu'Il fait et non dans ce qu'Il est, nous ne connaissons que Ses oeuvres mais non pas Sa personne. Nous pouvons Le connaître comme le Rédempteur, Celui qui sanctifie et qui justifie, mais Dieu veut que nous Le connaissions comme notre rédemption, notre sanctification et notre justification.

Connaissez-vous le Seigneur Jésus comme votre Sauveur ou comme votre salut? Comme votre Rédempteur ou comme votre rédemption? Comme votre Libérateur ou comme votre libération? Comme Celui qui vous sanctifie ou comme votre sanctification? Comme Celui qui vous justifie ou comme votre justification?

La connaissance de ce qu'Il a fait c'est une connaissance élémentaire, mais Le connaître Lui, dans ce qu'Il est, c'est une connaissance plus profonde.

Il y a aujourd'hui beaucoup trop de « choses » dans la vie des enfants de Dieu. Tout va bien si, un jour, nous Le connaissons dans ce qu'Il est. Alors, toutes choses seront révélées comme étant une Personne. Le dessein éternel de Dieu sera ainsi réalisé.

Aussi longtemps que notre sanctification, notre rédemption, notre régénération, la puissance, la grâce et les dons demeurent des objets, nous nous tenons toujours à la périphérie du christianisme. Mais quand nous voyons le Seigneur Lui-même, et non pas des choses, nous commençons à connaître Dieu et nous entrons dans Son dessein éternel. Après, ce sera toujours Lui et plus jamais des choses.

C'est pour cette raison que j'ai mentionné, tout au début, que les choses que beaucoup possèdent sont mortes. Dès qu'ils réaliseront cela, leurs choses seront personnifiées en Christ car, ma régénération n'est pas une chose, elle est une Personne. Le Christ que j'ai est une Personne et non pas une chose. Tout ce que j'ai se résume en une Personne et le devient parce que le Seigneur est Tout. Un jour, Il m'a conduit à Le connaître; maintenant Il veut me conduire plus loin, afin que je Le connaisse comme Celui qui sera Tout pour moi. C'est ainsi que je serai affranchi de l'emprise de ma vie propre, et de toutes ces choses qui constituent le monde spirituel dans lequel je vis. Après cela, je pourrai vraiment dire que le Seigneur est Tout et en tous. Je pourrai témoigner que, dans ma vie de chaque jour, Il est Tout. Si aujourd'hui je suis patient, ce n'est pas moi qui le suis, mais Lui qui vit en moi. Si j'aime aujourd'hui, ce n'est pas parce que j'essaie de faire de mon mieux pour aimer, car la force d'aimer n'est pas en moi; mais c'est parce qu'il y a quelqu'un qui aime en moi. Si aujourd'hui je pardonne, ce n'est pas à cause de ma générosité, de mes efforts ou de mes capacités mais en raison de Celui qui vit en moi et qui pardonne toujours. Il est vraiment mon pardon. Si je suis humble aujourd'hui, ce n'est pas parce que je me rappelle que je suis orgueilleux et que je me dois d'être humble. Mon humilité ne se manifeste pas parce que je supprime mon orgueil ou à cause de ma résolution d'être humble; c'est la Personne de Christ qui est humble en moi. C'est ce qui s'appelle la loi de la Vie. Qu'est-ce que la loi de la Vie? Ce n'est rien d'autre que Christ devenant notre vie et aussi toutes choses.

Par conséquent, frères et soeurs, je désire que tous nous demandions à Dieu de nous ouvrir les yeux, afin que nous puissions réellement voir que tôt ou tard, toutes choses passeront, mais que Christ demeurera. C'est pourquoi, dès aujourd'hui, laissons Christ devenir Tout.

Chapitre 5 - Christ sinon rien