CHAPITRE 3 - CHRIST EST LE PAIN DE VIE ET LA LUMIERE DE LA VIE
Par Watchman Nee

« Jésus leur dit: Je suis la pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. » (Jean 6:35)

« Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 6:35)

Nous avons dit brièvement que toutes les choses spirituelles sont en Christ. Dieu nous a donné Christ pour qu'Il soit Lui-même tout pour nous. C'est un point essentiel pour bien comprendre le sens de la vie spirituelle. Notre expérience est-elle simplement une expérience ou est-elle Christ? Notre justice est-elle seulement la justice ou est-elle Christ? Notre sanctification est-elle uniquement la sanctification ou est-elle Christ? Notre rédemption est-elle simplement la rédemption ou est-elle Christ? Bien souvent, nous parlons du chemin, mais il se peut que ce chemin ne soit pas Christ Lui-même. De même, nous pouvons parler de la vérité et de la vie sans pour autant parler de Christ. En somme, nous avons beaucoup de choses en dehors de Christ. Cela représente un problème spirituel très important pour les enfants de Dieu. Nous pouvons confesser, avec notre bouche, que Christ est le centre de toutes choses, mais cependant, il y a dans nos vies, beaucoup d'autres choses qui, pour autant, ne sont pas Christ, comme si ces choses pouvaient nous aider à être des chrétiens.

Notre intelligence a besoin d'être renouvelée pour comprendre qu'en dehors de Christ, Dieu ne veut pas que nous ayons des choses soi-disant spirituelles. Selon Dieu, ces choses ne deviennent une réalité que lorsqu'elles sont Christ. Car Christ est la somme de toutes choses spirituelles. Christ est notre justice; Il ne nous a pas donné une justice. Christ est notre sanctification; Il ne nous a pas accordé une chose s'appelant puissance pour nous rendre saints. Christ est notre rédemption; Il ne nous a pas offert la rédemption. Christ est le chemin; Il ne nous a pas ouvert d'autre chemin dans lequel nous devions marcher. Christ est la vérité; Il n'a pas présenté devant nous une vérité pour que nous puissions la comprendre. Christ est la vie; Il n'a pas introduit en nous quelque chose appelé vie.

Frères et soeurs, alors que nous progresserons dans la course divine, nous découvrirons de plus en plus que, parmi toutes les grâces de Dieu, il n'y a qu'une seule grâce, et que, entre tous les dons de Dieu, il n'y a qu'un seul don. Cette grâce c'est Christ, et ce don c'est aussi Christ. Grâce à Dieu, jour après jour, Il nous fait voir comment Christ est Celui en qui tout est contenu. Au début, nous pensions que le Seigneur était notre Sauveur, maintenant nous pouvons dire qu'Il n'est pas seulement notre Sauveur mais qu'Il est aussi notre salut. Est-ce étrange? Non, c'est un fait. Car nous découvrons de manière grandissante que Christ est LE TOUT de Dieu. Si, malencontreusement, nous faisons une distinction entre ce que le Seigneur Jésus donne et ce qu'Il est, entre le don et le donateur, nous perdrons beaucoup dans la vie spirituelle. Car cela nous empêchera d'avoir accès à la source de vie. C'est la raison pour laquelle nous désirons voir de façon grandissante Christ comme notre tout. Dans Jean 6:35 et 8:12, le Seigneur déclare qu'Il est le pain de vie et la lumière de la vie. Considérons ces deux aspects, l'un après l'autre.



CHRIST EST LE PAIN DE VIE

« Je suis le pain de vie », déclare le Seigneur. Il fit cette déclaration à ceux qui Le cherchaient à Capernaüm. Ils s'attendaient à être nourris par Christ, avec du pain. C'est pourquoi le Seigneur leur dit: « Je suis le pain de vie. » Il est Celui qui donne le pain de vie et Il est Lui-même ce pain. Le don et le donateur sont uns, ils ne sont pas séparés. Loué soit Dieu, Christ est le don de Dieu et Il est également le Seigneur qui accorde le don.

Quelle est la signification du pain dans la Bible? C'est la satisfaction, car l'Ecriture parle de la faim qui représente l'insatisfaction de l'homme. Pour que l'insatisfaction de l'homme soit enlevée, le pain est nécessaire. La condition, pour que les enfants de Dieu soient en mesure de terminer la course, et aient la force d'aller de l'avant, dépend dans une grande mesure, de leur satisfaction intérieure. Si, aujourd'hui, nous nous sentons satisfaits, nous aurons la force pour toute la journée. Mais, si nous avons le sentiment d'être vides, (à l'image d'une roue qui serait crevée), tous nos efforts seront vains. Nous ne devons pas conclure qu'il n'y a pas de vie, mais que, certainement, nous n'avons pas de force. C'est la satisfaction, ce sentiment inexplicable de satisfaction, qui nous permet de continuer et d'achever la course. Voyons maintenant ce qu'est le pain pour les enfants de Dieu. « Je suis le pain de vie. » Le Seigneur Jésus soutient la vie de la même façon qu'Il donne la vie. Beaucoup de chrétiens pensent que la nourriture, c'est seulement une heure de prière ou une heure de lecture de la Bible; ils ne savent pas que leur nourriture, c'est le Seigneur Jésus Lui-même. Nous ne disons pas que la prière ou que la lecture de la Bible soient inutiles. Mais, souvenons-nous que le Seigneur Jésus déclare ici qu'Il est « le pain de vie », ce qui signifie que le pain de vie n'est autre chose que le Seigneur Lui-même.

Souvent, les enfants de Dieu ne sont pas satisfaits, parce qu'ils ne connaissent pas Christ comme leur pain de vie. Nous rencontrons toujours des gens affamés et mécontents dans le domaine spirituel. Il n'y a rien qui les rende heureux et, de l'aube au crépuscule, ils sont en proie à l'insatisfaction. Nous ne cherchons pas à persuader les gens d'être arrogants ou auto-satisfaits. L'orgueil et l'autosatisfaction c'est une chose, mais être nourri et satisfait, en est une autre. Certaines personnes, après avoir été traitées par Dieu, vivent devant Lui dans la faiblesse et le tremblement. Elles n'ont pas la moindre trace d'orgueil, car elles ont touché le Seigneur et sont pleinement nourries. Elles jouissent de la satisfaction que l'on éprouve dans la présence de Dieu et cette satisfaction est leur force.

Comment alors pouvons-nous être pleinement nourris et satisfaits? Nous devons savoir que toutes les satisfactions sont directement en relation avec Christ. Toutes les fois que nous touchons vraiment la vie, nous obtenons immédiatement la satisfaction. D'autre part, lorsque nous péchons contre la vie, nous ressentons aussitôt une perte. Illustrons cela par quelques exemples concrets.

Quelqu'un peut dire « j'ai travaillé toute une année maintenant. Durant cette période, je me suis senti presque vide intérieurement. J'ai très faim, et j'aspire à trouver un endroit pour un renouvellement spirituel. » En lisant Jean 4, nous trouvons une différence avec ce que dit cette personne. Le Seigneur Jésus, fatigué du voyage, était assis au puits de Jacob. Ses disciples étaient partis à la ville pour acheter de la nourriture. Cela montre que le Seigneur aussi avait faim. C'est là qu'Il rencontra la femme Samaritaine. C'était la volonté de Dieu qu'Il parle à cette femme et qu'Il la sauve. Il fit donc ce que Dieu avait voulu qu'Il fasse. C'est alors que Ses disciples, revenant avec de la nourriture, Lui demandèrent d'en manger. Mais Il leur répondit: « J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. » Ils pensèrent alors que quelqu'un d'autre Lui avait apporté de la nourriture. C'est pourquoi Il leur dit clairement: « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de Celui qui M'a envoyé, et d'accomplir Son oeuvre. »

D'après cet épisode de la vie de notre Seigneur, nous pouvons en déduire que le travail doit faire de nous des gens remplis et non pas des gens vides et affamés. Dans une oeuvre spirituelle, chaque fois que nous travaillons, nous nous sentons remplis. Si la faim se manifeste après le travail, c'est que quelque chose ne va pas. Si, chaque fois qu'après avoir travaillé, nous ressentons de la faiblesse à l'image d'un pneu qui se serait dégonflé, c'est que quelque chose ne va pas dans ce travail. Car si nous marchons selon la volonté de Dieu et non pas par nous-mêmes, nous ne nous sentirons pas « dégonflés » mais fortifiés. Bien souvent, nous accomplissons un travail, non pas parce que nous en sommes convaincus par le Seigneur, mais parce que, de toute évidence, le besoin est grand et que la demande se fait pressante. Après avoir travaillé ainsi, nous expérimenterons une lassitude intérieure qui nous laissera sans force. Pourquoi? Parce que quelque chose ne va pas entre nous et le Seigneur. Tout travail, hors de la volonté de Dieu, produit en nous un sentiment d'insatisfaction et de faim. C'est pourquoi nous devons faire la volonté de Dieu pour être satisfaits.

Il nous faut réaliser que ni les retraites spirituelles ni l'enseignement de la Bible ne peuvent être notre nourriture; seul Christ peut l'être. Puisque Christ est notre nourriture, comment pouvons-nous penser qu'il nous faille travailler jusqu'à ce que nous soyons vidés, pour ensuite nous reposer dans une quelconque retraite spirituelle et être nourris? Comment pouvons-nous parler jusqu'à l'épuisement et essayer ensuite de recevoir quelque nouvel enseignement pour satisfaire notre besoin? Que nous soyons occupés ou non, il faut que, chaque fois que nous nous levons pour parler pour Christ, nous soyons si pleins de la Parole et fortifiés intérieurement, que non seulement ceux qui écoutent soient nourris, mais que ceux qui parlent soient aussi rassasiés. Car c'est le Seigneur Lui-même qui oeuvre en nous. En ayant rencontré le Seigneur, nous ne nous sentirons pas vides mais remplis en terminant notre travail. Nous nous trompons si nous considérons le repos, l'écoute d'un bon message ou la participation à une retraite spirituelle, comme le moyen d'être remplis. Nous obtenons de la nourriture spirituelle en permettant au Seigneur de travailler à travers nous pour accomplir tout ce qu'Il désire faire. Le Seigneur, qui demeure en nous, nous permet de toucher Sa vie, et c'est là seulement, ce qui peut nous remplir intérieurement.

Dans le domaine spirituel, ce n'est pas celui qui flâne qui se nourrit; mais, au contraire, nous mangeons plus en nous mettant pleinement à l'oeuvre. Nous sommes nourris en fonction de notre plein engagement. Si nous marchons selon la volonté de Dieu, plus nous serons occupés et plus nous serons nourris. C'est pourquoi nous ne serons pas éreintés ou vidés en travaillant beaucoup.

Nous croyons que beaucoup de frères et de soeurs peuvent témoigner de cette vérité. Supposons, par exemple, que vous sortiez aujourd'hui pour parler à une autre personne. Vous pouvez parler avec beaucoup de passion, mais le Seigneur ne réagit pas en vous. Après avoir parlé cinq ou dix minutes, à votre grande surprise, vous commencez à ressentir que quelque chose ne va pas. Aussitôt, vous chercherez à changer le cours de votre conversation, car vous réaliserez que vous ne pouvez pas continuer dans cette voie là. Le résultat, c'est que vous vous sentez vides lorsque vous devez finalement vous en aller. Il n'y avait rien de faux dans vos paroles ou dans votre attitude. Vous avez fait tout votre possible pour aider cette personne. Cependant, vous vous sentiez étrangement vides en prolongeant votre discussion. Lorsque, pour finir, vous avez dû repartir, vous aviez l'étrange sentiment d'avoir commis un grand péché. Parfois, vous avez peut-être perçu un petit succès intérieur; vous avez même eu le sentiment que vous aviez bien fait; cependant, lorsque ces sentiments superficiels s'estompent, vous ressentez une grande faim et un grand vide intérieurs. Il est bien vrai, que lorsque vous faites quelque chose par vous-mêmes, et malgré l'apparence d'un quelconque degré de réussite extérieure, vous vous sentez pour finir comme un ballon tout dégonflé.

Frères et soeurs, n'avez-vous jamais eu le sentiment d'avoir couru comme battant l'air? Si vous marchez selon vos propres pensées, au lieu de suivre le Seigneur avec crainte et tremblement, et aussi bonnes que puissent être vos intentions, vous finirez toujours comme battant l'air, sans énergie spirituelle. Plus vous travaillez, et moins cela a de sens pour vous. Plus vous continuez, et plus vous vous sentez vides. Si on vous loue dans une telle situation, vous vous sentirez encore bien plus mal à l'aise. Vous vous haïrez vous-mêmes. C'est la preuve qu'un tel travail ne nourrit pas puisqu'il ne peut pas vous satisfaire.

Ceux qui connaissent la vraie nourriture trouvent leur satisfaction dans le Seigneur. Car Christ est le pain de vie; Lui seul peut satisfaire. Si votre travail ne touche pas Christ, vous vous sentirez affamés. Mais si vous Le touchez, vous serez en contact avec la vie et avec la réalité spirituelle. Occupés ou non à un service, vous pourrez dire: « Grâce et louange à Dieu, j'ai de la nourriture à manger, car le Seigneur est mon pain! » Bien-aimés, vous voyez que la réponse à toute cette question ne réside pas dans les choses extérieures, par exemple, où allez-vous, que faites-vous, quel message donnez-vous ou même combien de temps passez-vous dans les retraites spirituelles; mais dans le fait que vous avez touché intérieurement le Seigneur. Quiconque Le touche Lui, est satisfait. Certains croyants pourront dire: « Puisque le Seigneur ne m'a pas appelé pour prêcher ou pour travailler quelque part, comment puis-je être satisfait? Les prédicateurs et les ouvriers ont la possibilité d'être nourris, mais beaucoup de personnes comme moi s'en vont affamées. » Loué soit Dieu, ces gens-là ne seront pas affamés. Car, si de tels croyants accomplissent, même un simple travail, comme parler avec les autres durant dix ou vingt minutes ou ne dire que dix ou vingt phrases, ils se déchargeront du fardeau et seront satisfaits intérieurement, si ce qu'ils font vient du Seigneur par Sa puissance en eux. C'est le Seigneur qui donne le fardeau, or ce fardeau a pu être déchargé. Ainsi les, croyants expérimenteront la satisfaction et la plénitude. Lorsque nous touchons Dieu, nous obtenons la satisfaction, c'est pourquoi nous sommes nourris. C'est pour cette raison que, non seulement les serviteurs ont la possibilité de se nourrir, mais cela est possible pour tous. Quotidiennement, nous avons l'occasion de nous nourrir et par ce fait même, d'être aussi entièrement remplis. Christ est notre nourriture. Si nous Le touchons, nous avons de la nourriture.

Voyons un autre exemple, bien qu'il soit d'un domaine plus profond. Souvent, nous faisons ce qui nous paraît être bon et spirituel, sans connaître la pensée du Seigneur. Le résultat, c'est que nous nous sentons vides. C'est uniquement lorsque nous suivons le Seigneur que nous sommes satisfaits. Un jour, un frère remarqua qu'un autre frère s'éloignait spirituellement et s'égarait. A maintes reprises, il ressentit la nécessité de lui faire remarquer, en toute franchise, que la voie qu'il suivait n'était pas propice à l'édification mais à la corruption. Cependant, comme il voulait être un chrétien aimable, il résolut d'exhorter simplement le frère rétrograde avec un visage souriant et quelques bonnes paroles. A sa grande surprise, lorsqu'il déchargea son fardeau de cette manière, il se sentit accablé par une lourde charge. D'un point de vue humain, il paraissait avoir bien agi et atteint le but. Son attitude avait été aimable et pacifique. Mais au lieu d'être nourri, il se sentait affamé. Cet état persista durant deux ou trois mois. Il reconnut alors que quelque chose n'allait pas, et il pria le Seigneur, Lui demandant de l'éclairer et de lui faire connaître quelle en était la cause. Un jour, il pria: « Seigneur, quoi que Tu veuilles que je fasse, je le ferai. » Le Seigneur entendit sa prière et lui montra ce qu'il devait faire. Peu de temps après, le frère rétrograde vint le voir et, cette fois-ci, il le réprimanda sévèrement. Compte-tenu de son caractère, lorsqu'il exprimait des paroles sévères, il s'en ressentait plusieurs jours. Cependant, dans cette circonstance, plus il parlait avec sévérité et plus il touchait le Seigneur. Ainsi donc, après l'avoir réprimandé sévèrement, il n'avait plus éprouvé la nécessité de confesser à Dieu sa faute comme il l'avait fait auparavant. Au contraire, cette fois-ci, il fut rendu capable de louer Dieu. Il se sentait bien, comme s'il avait fait un bon repas. Nous ne voulons pas dire, en citant cet exemple, que nous pouvons reprendre les autres avec désinvolture et sans aucun égard. Ce serait, sans nul doute, mal faire d'agir ainsi. Mais cet exemple nous enseigne cependant que, si nous faisons une chose selon la pensée du Seigneur, nous serons intérieurement nourris et fortifiés. Au moyen de cette expérience, nous découvrons le fait important suivant: le bien que nous pouvons faire n'est pas nécessairement de la nourriture. Vous pouvez penser qu'il serait mieux si vous étiez plus gentil; pourtant, l'expérience nous apprend que même si vous agissez avec gentillesse, si l'oeuvre procède de votre homme extérieur, cela ne peut pas être votre nourriture. Ce n'est que si le Seigneur agit en vous, et que vous agissez en accord avec Sa volonté, que vous aurez de la nourriture. En touchant la vie, vous recevez aussi la nourriture; en touchant le Seigneur, vous êtes satisfaits.



CHRIST EST LA LUMIERE DE LA VIE

Le Seigneur ne dit pas seulement qu'Il est « le pain de vie », Il déclare aussi: « Je suis la lumière de la vie. » Le pain est pour la satisfaction et la lumière pour la vision. La satisfaction donne la force, tandis que la vision concerne la marche. Nous avons déjà vu que Christ est le pain de vie. Nous allons voir maintenant qu'Il est aussi la lumière de la vie.

Tout d'abord, signalons que la lumière de la vie n'est pas la connaissance de la Bible. Tout croyant sait qu'il doit lire sa Bible avec application. Mais, si nous la lisons comme un livre d'instruction ou un manuel de théologie, nous n'obtiendrons que du savoir. Nous pouvons nous familiariser avec la doctrine, mais il se peut qu'elle se limite pour nous à la lettre. A l'époque où le Seigneur naquît, à Bethlehem, beaucoup de prêtres et de scribes étaient familiarisés avec les écrits des prophètes; cependant, ils ne reconnurent pas le Christ. Aujourd'hui nous avons en plus le Nouveau Testament. Il est donc tout aussi possible de savoir ce qu'il contient sans connaître Christ. Nous ne voulons pas suggérer qu'il n'est pas nécessaire de lire les Écritures; nous faisons simplement remarquer qu'en lisant la Parole, nous pouvons n'acquérir que du savoir, sans jamais connaître Christ.

Beaucoup de prêtres et de scribes, du temps de Christ, n'avaient que cette sorte de connaissance morte; c'est pourquoi ils ne purent pas connaître le Seigneur vivant. Beaucoup assimilent, par erreur, le savoir, la doctrine, la théologie et l'enseignement comme étant la lumière de la vie. Quelques-uns diront même qu'ils ont la lumière, mais ce n'est pas pour autant qu'ils ont la lumière de la vie. Ce qu'ils déclarent être la lumière n'est que l'interprétation de certains passages de l'Écriture ou de l'enseignement biblique. La véritable lumière n'est pas qu'une simple information. Elle n'est autre chose que le Seigneur Lui-même. Le Seigneur déclare, avec force, qu'Il est la lumière de la vie.

Frères et soeurs, l'expérience de beaucoup confirme que ce que nous voyons, par la lumière de la vie, est souvent quelque chose que nous ne pouvons pas exprimer. Cela parait étrange de voir et de ne pas pouvoir l'expliquer. Un jour, quelqu'un questionna une soeur pour savoir si elle était sauvée ou non. Elle répondit: « Oui, je suis sauvée depuis peu de temps, cependant, je ne sais pas comment l'expliquer. Mais je sais que je suis sauvée. Si vous croyez que je suis sauvée, (c'était vrai), je suis sauvée et même si vous ne le croyez pas, je suis cependant sauvée. » Ses paroles sonnaient juste. Elle était sauvée bien qu'elle ne puisse pas l'expliquer. Elle connaissait, mais elle ne pouvait pas l'expliquer. C'est pourquoi, lorsque quelqu'un voit tout d'abord la lumière, il n'a pas forcément les paroles pour l'exprimer. Il se peut qu'il ait besoin d'attendre deux ou trois ans pour pouvoir quelque peu l'expliquer. Cette lumière c'est le Seigneur Lui-même. Celui qui Le voit, voit la lumière.

Quelle est donc la différence entre voir la lumière et ne pas voir la lumière? Quelle transformation s'opère en nous si nous voyons? La différence, dans ce cas, est très grande. Si nous avons réellement vu la lumière, nous tomberons à terre. Car non seulement la lumière éclaire, mais elle terrasse aussi.

Avant d'avoir été éclairé, il aurait été difficile pour l'apôtre Paul de se jeter à terre; mais, dès qu'il fut frappé par la lumière, il fut immédiatement projeté sur le sol. Certaines personnes s'efforcent d'être humbles; leurs paroles sont humbles et leur comportement aussi est humble. Mais, cette sorte d'humilité est épuisante, pour eux et pour ceux qui les voient. C'est comme un petit enfant portant un gros dictionnaire; bien que le livre ne soit pas très lourd, il vide entièrement l'enfant de ses forces. Combien il nous est difficile de faire tomber notre orgueil de son trône! Mais, lorsque brille la lumière du SEIGNEUR, aussitôt nous tombons à terre. Nous ne comprenons pas comment, nous savons seulement que la lumière nous a terrassés.

La doctrine ne peut amener personne à cet état. Je peux entendre huit ou dix messages et même les mémoriser, cependant, je demeurerai toujours le même. Je peux exposer un message qui me ferait pleurer; je puis prononcer des paroles, m'efforçant de les observer soigneusement dans le but de corriger la vie naturelle. Hélas, dans ce cas, la doctrine est devenue une chose, la parole aussi est devenue une chose. Toutes ces choses sont mortes, car elles n'ont pas de lumière.

Un jour, un frère fut enthousiasmé par le message de Romains 6. Il pensa qu'il avait désormais vu ce que signifiait Romains 6. Quelques jours après, il se querella avec sa femme. Il en est ainsi de la triste histoire de l'homme. Son « Romains 6 » n'était qu'une chose, des lettres dans un livre. C'est pourquoi il n'y avait pas de lumière. S'il avait vu la lumière, il n'aurait pas réagi avec son vieux moi, car il aurait été vaincu par cette lumière.

Il y a de la vigueur dans la lumière. Elle peut accomplir ce que l'homme ne peut pas faire. Ce que la doctrine ne peut pas faire, ce que l'aide que peuvent m'apporter les frères et soeurs ne peut pas faire, et ce que mes efforts ne peuvent faire, la lumière le réalise immédiatement. Nous pouvons considérer que nous sommes durs, mais quand brille la lumière, nous devenons malléables. Lorsque Jean vit la lumière, il devint comme mort; il en fut de même pour Daniel. Nul ne peut voir la face du Seigneur sans toucher terre. Personne ne peut apercevoir le Seigneur sans devenir comme mort. Il nous est difficile de mourir, et d'être humbles, mais dès que la lumière luit, ces choses S'accomplissent. La lumière qui procède du Seigneur a une puissance destructrice. En la voyant briller, les hommes tombent.

Le Seigneur Jésus Lui-même est lumière. Tous ceux qui Le rencontrent et Le voient tombent et sont affaiblis, devenant comme morts. Beaucoup d'hommes ont un caractère rugueux et difficile. Ils n'ont jamais été brisés par le Seigneur ni par personne ni par leurs propres efforts, et ils ne peuvent rien changer. Soudain, la lumière du Seigneur brille sur eux. Dès qu'ils voient cette lumière, ils deviennent des vases brisés. Celui qui voit le Seigneur est définitivement affaibli et brisé. Nul ne peut voir le Seigneur et vivre. La lumière c'est cela.

Chers amis, ne confondez jamais la lumière avec autre chose. Ce que nous appelons ordinairement la lumière n'est pas nécessairement la lumière. Beaucoup de ces prétendues lumières ne sont que de la doctrine ou de soi-disant « vérités. » Ces choses n'ont aucun effet spirituel en nous. Il y avait un frère qui aimait beaucoup le Seigneur. Un jour, quelqu'un le rencontra et lui dit: « Je suis si heureux, j'ai découvert la doctrine du péché dans l'épître aux Romains. » Ce frère lui répondit: « Mon ami, comment se fait-il que vous n'ayez découvert la doctrine du péché dans les Romains qu'aujourd'hui seulement? Je pensais que vous aviez découvert la réalité du péché en vous il y a déjà bien longtemps? » Beaucoup essaient de découvrir la doctrine, mais ils n'ont pas découvert les faits. Aussi, cela reste une chose et des paroles mortes. Dans ces choses il n'y a ni lumière, ni vie, ni Christ.

Le premier effet de la lumière, c'est de tuer. Sachons-le, la lumière ne vient pas uniquement pour vous permettre de voir. Ce n'est pas là son but premier. Lorsque la lumière descend, elle aveugle nos yeux. Elle doit, bien sûr, nous permettre de voir, mais cela se produit dans un second temps. Premièrement, la lumière nous rend aveugle. Elle nous conduit à nous prosterner devant elle, avant de nous permettre de voir. Ce qui ne nous courbe pas à terre et ce qui ne fait pas de nous des gens humbles, n'est pas la lumière. Lorsque Paul vit la lumière, il fut précipité par terre et pendant trois jours, il ne vit rien. C'est pourquoi lors de notre rencontre avec la lumière, nous serons tout abasourdis.

Lorsque quelqu'un est dans les ténèbres et perçoit la lumière, il est incapable de voir. Que Dieu manifeste Sa miséricorde à l'égard de ceux qui sont des propres-justes et des vaniteux. Car de telles personnes n'ont jamais connu la lumière. Tout ce qu'ils ont n'est que de la doctrine et de l'information. S'ils avaient vu la véritable lumière, ils auraient confessé: « Oh! Seigneur, que sais-je? Je ne sais absolument rien! » Plus grande est la révélation, plus elle met en lumière notre cécité; plus forte est la lumière, plus rude est le coup. La lumière nous humiliera et nous courbera devant elle avant de nous rendre capables de voir. Si nous n'avons pas encore été frappés, humiliés, courbés et réduits à n'être plus rien, nous avons la preuve que nous sommes encore dans les ténèbres, sans posséder la lumière. Que Dieu nous manifeste Sa miséricorde afin que par Sa lumière, Il enlève toute notre propre confiance pour que nous n'osions plus nous confier dans notre savoir et dans notre jugement. Puissions-nous aller à Lui en disant: « Seigneur, Tu es la lumière. En Te voyant, je réalise maintenant que ce que j'avais vu auparavant ce n'était rien que des choses. » La lumière n'est pas abstraite, c'est quelque chose de concret. Le Seigneur Jésus est cette lumière. S'il est au milieu de nous, la lumière est aussi parmi nous. Il est dommage que dans la vie des croyants, beaucoup trop de choses soient théoriques. Ils ont entendu des choses abstraites sans nombre, qui ne leur apporte que bien peu d'aide sur le plan pratique.

Il y avait un frère qui, lorsqu'il était jeune, avait fait ses études dans l'école d'une mission. Il avait souvent pris part à des réunions chrétiennes. Il avait entendu la doctrine du salut, mais jamais il n'avait rencontré quelqu'un de sauvé et lui-même ne l'était pas. Un jour, il entendit quelqu'un qui prêchait l'Évangile. Le prédicateur était un authentique chrétien, et par le moyen de sa prédication, cet homme fut sauvé. Avant ce moment, tout ce qu'il avait entendu n'était qu'un enseignement abstrait. C'est pourquoi il n'avait pas pu parvenir au salut. Mais, ce jour-là, il rencontra un croyant véritablement né de nouveau et, dans cette personne, il rencontra quelque chose de concret. C'est pourquoi il fut sauvé.

Un frère relatait le fait suivant à propos de l'étude qu'il faisait de la Bible: « Après avoir entendu bon nombre de chrétiens parler de la sainteté, je décidai d'étudier la doctrine de la sanctification. Je découvris, dans le Nouveau Testament, environ deux cents versets traitant de ce sujet. Je les mémorisai et les disposai méthodiquement. Mais je ne savais toujours pas ce qu'était la sainteté; je me sentais tellement vide. Cette situation se prolongea jusqu'au jour où je rencontrai une soeur âgée qui était vraiment une sainte femme. Ce jour-là, mes yeux s'ouvrirent sur ce qu'était réellement la sainteté, car j'avais rencontré quelqu'un qui était saint. Cette lumière fut terrible. Elle m'éprouva beaucoup. Elle ne me laissait aucune possibilité d'échapper à ses effets. Elle me fit voir ce qu'était la sainteté. »

Si nous considérons cette expérience, nous pouvons comprendre que la lumière est concrète, vivante et opérante. Si je prêche la doctrine, les gens recevront la doctrine; mais ce sera une chose morte et non pas la lumière de la vie. Si je partage avec les autres la lumière de la vie, non seulement elle éclairera leur vie, mais elle pourra aussi briller à travers eux. Nous devons réaliser que, puisque la lumière fut concrète et pratique dans la vie de notre Seigneur Jésus, elle doit l'être aussi dans nos vies. Etant une personne vivante, la lumière de la vie nous vivifie lorsqu'elle nous est révélée.

Frères et soeurs, comment se fait-il, qu'après un certain temps, la vérité semble perdre de sa puissance, devenant si faible qu'elle ne peut nous atteindre? La raison en est la suivante: elle est devenue beaucoup trop du savoir théologique! Nous devons reconnaître que seul le Seigneur vivant peut engendrer un peuple vivant. Regardons au Dieu miséricordieux, afin qu'Il nous rende capables, de voir de plus en plus, que « les choses » sont mortes et que seul le Seigneur est vivant. Même les choses les plus attrayantes du christianisme sont mortes si elles sont en dehors de Christ. Nous devons permettre au Seigneur Lui-même d'être cette chose-ci ou cette chose-là en nous. C'est alors que tout cela deviendra vivant. Ce sera vivant à la fois pour nous, et pour ceux qui le recevront par nous. Que le Seigneur nous vienne en aide afin que nous tombions à terre devant Lui et que nous puissions vraiment Le connaître.

Chapitre 4 - Christ est le tout de Dieu