1 CORINTHIENS #14 - LA TABLE DU SEIGNEUR

(1 Corinthiens 11:17-34)

Par Ed Miller

Le texte qui suit est la transcription d'un message donné en anglais. La forme orale a été conservée, mais des titres de sections ont été ajoutés pour faciliter la lecture. (NdT)

Bonjour et bienvenue dans notre quatorzième leçon sur cette merveilleuse épître de 1 Corinthiens. Prions: Père, Tu ne nous laisses jamais nous débrouiller seuls lorsqu'il s'agit de comprendre Ta Parole, mais Tu as mis le Saint-Esprit dans nos coeurs. Combien nous Te louons pour le ministère du Saint-Esprit qui glorifie Christ, qui prend les choses de Dieu et qui nous les révèle. Parce que nous avons le Saint-Esprit, nous avons également Ta pensée, la pensée de Christ. Nous Te demandons donc de nous délivrer de nos propres idées. Enracine-nous profondément dans Tes principes et dans Tes façons de faire. Nous Te prions de nous instruire dans Ta Parole, garde-nous et protège-nous de la chair et du sang. Nous Te prions dans le nom merveilleux de notre Seigneur Jésus. Amen.



RESUME

Nous savons maintenant que le message de 1 Corinthiens est le message de la Seigneurie de Christ. La Seigneurie de Christ est la solution complète à tous les problèmes. Nous avons vu que chaque fois que nous avons des problèmes au niveau terrestre, Dieu appelle cela des symptômes de problèmes spirituels. C'est exactement ce qu'Il fait dans le livre de 1 Corinthiens. Chaque fois que j'ai un problème avec mon prochain, en réalité je n'ai pas de problème avec mon prochain. C'est simplement un symptôme et mon problème est tout le temps avec le Seigneur. Toujours à nouveau lorsque je me mets en règle avec le Seigneur, les autres choses se mettent d'elles-mêmes en place.

A travers les symptômes auxquels les corinthiens faisaient face, le Saint-Esprit, par ces illustrations, nous montre que Christ en tant que Seigneur est la solution à tous les problèmes, qu'ils soient corporatifs ou individuels. Le Saint-Esprit a sélectionné cette église parce qu'Il savait que ces problèmes dureraient pour les âges à venir et que c'était des problèmes représentatifs auxquels allaient faire face tous les rassemblements de chrétiens. Laissez-moi juste à nouveau vous mentionner les huit problèmes ou symptômes, puis nous reprendrons là où nous nous sommes arrêtés.

• Chapitres 1-4: Le problème des divisions.
• Chapitre 5: Le problème de la pureté personnelle.
• Chapitre 6: Le problème des différends personnels.
• Chapitre 7: Les problèmes liés au mariage.
• Chapitres 8-10: Le problème des pratiques discutables.
• Chapitre 11: Le problème des images et des symboles. Ils regardaient aux images plutôt qu'à la réalité derrière les images.
• Chapitres 12-14: Le problème de l'abus des dons spirituels.
• Chapitre 15: Le problème des fausses doctrines. Certaines personnes niaient la résurrection de Christ.

Très bien, laissez-moi vous remémorer le contexte du chapitre 11. J'ai souligné le fait qu'à partir du verset 7:1 où Paul dit: « Pour ce qui concerne les choses dont vous m'avez écrit... », jusqu'au verset 11:34, nous trouvons les réponses que le Saint-Esprit donne à travers Paul, aux questions que les corinthiens lui ont posées.

Les corinthiens ont posé de nombreuses questions dans cette section particulière. Ils ont posé des questions au sujet du mariage, au sujet de la séparation et au sujet des pratiques discutables. Dans le chapitre 11, ils posent leurs questions finales. C'est ce que nous avons commencé à voir dans notre précédente leçon et c'est ce que nous allons terminer dans cette leçon.

Ils lui ont posé des questions au sujet de l'église, de l'adoration et de l'assemblée. Ils désiraient premièrement avoir des informations sur les femmes et quelle place elles avaient dans l'église. Vous voyez, ils étaient vraiment dans les problèmes dans l'église de Corinthe, c'est ce que nous avons vu dans les quinze premiers versets.

Ensuite, ils avaient des questions au sujet de la table du Seigneur. Ils avaient ce que l'on appelle la « koinonia. » C'est un mot grec qui signifie communion. Leur « koinonia » s'est transformée en fête sauvage et ils ne comprenaient plus ce qui se passait. C'est une des raisons pour lesquelles ils ont écrit à Paul: « Si jamais tu as de la lumière de la part de Dieu sur ces sujets, merci de nous en faire part. » Paul répond donc à cela à la fin de ce chapitre. Nous aimerions donc regarder à la réponse finale. Puis après tout cela, il écrit: « Je réglerai les autres choses quand je serai arrivé. » En d'autres termes, c'est la dernière question qu'ils ont posée et à laquelle il va répondre.

Très bien, laissez-moi vous donner le plan sur la façon dont j'aimerais approcher cela avec vous. Premièrement, il y a un grand principe qui traverse toute cette section. Je pense que c'est important de considérer le chapitre dans son ensemble et de saisir ce principe en premier. Ensuite, j'aimerais considérer le problème auquel les corinthiens faisaient face à la lumière de leur propre contexte. En d'autres termes, qu'est-ce que cela voulait dire pour eux? Puis nous essaierons d'appliquer cela dans nos vies. Voilà comment nous allons considérer ces différentes choses.

Voici ce que disent les versets 11:17-34: « En donnant cet avertissement, ce que je ne loue point, c'est que vous vous assemblez, non pour devenir meilleurs, mais pour devenir pires. Et d'abord, j'apprends que, lorsque vous vous réunissez en assemblée, il y a parmi vous des divisions, - et je le crois en partie, car il faut qu'il y ait aussi des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient reconnus comme tels au milieu de vous. - Lors donc que vous vous réunissez, ce n'est pas pour manger le repas du Seigneur; car, quand on se met à table, chacun commence par prendre son propre repas, et l'un a faim, tandis que l'autre est ivre. N'avez-vous pas des maisons pour y manger et boire? Ou méprisez-vous l'Église de Dieu, et faites-vous honte à ceux qui n'ont rien? Que vous dirai-je? Vous louerai-je? En cela je ne vous loue point. Car j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné; c'est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit: Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous; faites ceci en mémoire de moi. De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange du pain et boive de la coupe; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup d'infirmes et de malades, et qu'un grand nombre sont morts. Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde. Ainsi, mes frères, lorsque vous vous réunissez pour le repas, attendez-vous les uns les autres. Si quelqu'un a faim, qu'il mange chez lui, afin que vous ne vous réunissiez pas pour attirer un jugement sur vous. Je réglerai les autres choses quand je serai arrivé. »

Très bien, laissez-moi vous donner le principe de base, la grande vérité qui traverse tout ce passage et sans laquelle nous ne pouvons pas réellement comprendre ce que l'apôtre a essayé de communiquer à ces personnes par le Saint-Esprit. Je vais donner le principe de façon assez large et ensuite je vais essayer de le mettre en avant dans ce passage particulier pour bien voir le principe dans son contexte global.

Paul parle de la table du Seigneur dans le chapitre 11, mais ce n'est pas là qu'il commence. Il commence en réalité dans le chapitre 10.

Les versets 10:14-22 disent: « C'est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l'idolâtrie. Je parle comme à des hommes intelligents; jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas la communion au sang de Christ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion au corps de Christ? Puisqu'il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps; car nous participons tous à un même pain. Voyez les Israélites selon la chair: ceux qui mangent les victimes ne sont-ils pas en communion avec l'autel? Que dis-je donc? Que la viande sacrifiée aux idoles est quelque chose, ou qu'une idole est quelque chose? Nullement. Je dis que ce qu'on sacrifie, on le sacrifie à des démons, et non à Dieu; or, je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur, et la coupe des démons; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur, et à la table des démons. Voulons-nous provoquer la jalousie du Seigneur? Sommes-nous plus forts que lui? »

Si vous regardez les six premiers versets du même chapitre 10, vous verrez une référence à l'histoire d'Israël, c'est en lien avec les images dont nous allons parler.

De quoi est-ce que le Saint-Esprit désire nous avertir ici? Quels étaient les grands dangers auxquels faisaient face les Corinthiens? C'était exactement le même danger dans lequel Israël a été pris au piège et dans lequel il est tombé. C'est le même danger dans lequel les chrétiens tombent depuis des années. Laissez-moi l'expliciter en tant que principe, puis nous essayerons de l'illustrer.



LE RISQUE D'EMBRASSER L'IMAGE ET DE RATER LA REALITE SOUS-JACENTE

C'est le danger d'embrasser l'image et de rater le principe, de rater la réalité. Israël l'a fait, l'église de Corinthe l'a fait. Et les chrétiens ont également répété cette erreur depuis lors. L'erreur consiste à embrasser l'image et à rater le principe, à rater la réalité.

Laissez-moi simplement revenir en arrière et oublier 1 Corinthiens 11 pour quelques instants. Nous y reviendrons, mais laissez-moi juste vous parler des images. Dieu sait que nous sommes des créatures de vue et de sens. Nous appréhendons le monde à travers la vue, à travers l'ouïe, à travers l'odorat et à travers les sens. Nous vivons dans le temps et l'espace. Et tout naturellement, en dehors de Dieu, nous sommes aveugles et insensibles aux choses de Dieu. Jusqu'à ce que Dieu ouvre nos yeux, jusqu'à ce que Dieu nous parle, jusqu'à ce que Dieu nous illumine, nous révèle les choses, tout ce que nous verrons ce sont les choses physiques. Tout ce que nous voyons ce sont des choses extérieures. C'est Dieu qui est Celui qui communique les choses spirituelles.



LE SPIRITUEL EST ENROBE DANS LE PHYSIQUE

Dieu savait, lorsqu'Il a créé l'univers, que ce qu'Il avait fait était merveilleux. Il a créé un univers spirituel et l'a habillé d'un univers physique. En d'autres termes, partout où vous regardez – si Dieu vous donne des yeux pour la voir – vous verrez une réalité spirituelle. Dieu a mis le spirituel DANS le physique. Dieu a créé tout un univers comme un grand musée, un musée à travers lequel nous pouvons marcher. Nous voyons des réalités physiques, mais sous lesquelles il y a des réalités spirituelles, des choses spirituelles. Vous voyez, nous avons besoin d'images. Nous avons besoin d'illustrations. Nous avons besoin d'aide. Nous avons besoin d'histoires.

Ne croyez pas que Dieu a créé le soleil, la lune, les étoiles, la terre, la mer, etc. ... et qu'ensuite Il se soit baissé en disant: « Voyons voir, quelle chose est-ce que je pourrais prendre comme illustration? Ah, oui, voici une merveilleuse illustration. Le vent ressemble tellement au Saint-Esprit, je pense que je vais utiliser le vent pour illustrer l'oeuvre du Saint-Esprit. » (cf. Jean 3:8) Puis qu'Il a regardé un peu plus loin en disant: « Oh, regardez ces trois arbres qui sont plantés près du fleuve. Quelle merveilleuse image d'un homme intègre! Je pense que cela va être une belle image pour l'homme intègre. » (cf. Psaume 1:3) Puis Dieu a pu voir le vent éparpiller un tas de paille et a pu dire: « Quelle belle image des méchants. » (cf. Psaume 1:4) Puis Il a vu une femme en travail qui vient de mettre au monde un bébé et Il se dit: « Mais quelle belle image de la nouvelle naissance! Je pense que je vais écrire une Bible et que je vais mettre tout cela dedans afin que les personnes puissent comprendre. » (cf. Jean 3:3) Mais Dieu n'a pas fait cela. Ce n'est pas la réalité physique qui est venue en premier, c'est la réalité spirituelle. Dans Sa pensée, Dieu a planifié et conçu les réalités spirituelles.

Je suis père, mais Dieu n'a pas regardé vers le bas en disant: « Regardez tous les pères sur la terre, je pense que je vais m'appeler Père. Puis lorsque les gens vont prier ils vont m'appeler Père céleste. Je vais prendre mon titre des hommes. » Non, Dieu n'a pas tiré son titre des hommes! Il a donné Son titre aux hommes. Il a été Père en premier. Il n'a pas regardé vers le bas en disant: « Oh, regardez cet homme qui règne sur un royaume. Regardez ce roi! Je pense que je vais être un Roi. » Non, Dieu a d'abord été le Roi. Il a créé les rois pour être une image du Roi. A travers toute la Bible, quels que soient les titres que vous trouviez, que ce soit mère, enfant, prince, roi ou juge, pour chacune de ces fonctions, Dieu avait à l'esprit une chose spirituelle, et ensuite Il l'a créée chose physique pour illustrer ces réalités spirituelles.

Lorsque Dieu a créé l'or, Il avait l'intention d'illustrer les richesses spirituelles. C'est pour cette raison qu'Il a créé l'or. En dehors de cela, Il n'aurait jamais créé l'or. Lorsqu'Il a créé l'eau, Il désirait illustrer la soif spirituelle. Lorsqu'Il a créé la nourriture, Il prévoyait d'illustrer la faim spirituelle. Tout est une image. La notion de « naître de nouveau » est venue avant que les femmes mettent des enfants au monde. Dieu a prévu que les femmes mettent des enfants au monde pour illustrer la naissance spirituelle. Nous devons comprendre cela, si nous désirons comprendre les images et les principes.

Au départ, Dieu avait la réalité spirituelle. C'était l'intention de Dieu que chaque fois que nous tournons notre tête dans cette grande création, dans chaque endroit, nous puissions recevoir une leçon spirituelle. Nous allons dans le jardin et nous voyons de la terre. Dieu a créé le sol pour illustrer la condition du coeur de l'homme. Jésus n'a pas simplement dit un jour: « Je me demande ce que je peux utiliser comme parabole. Je pense que je vais utiliser le sol. » Il y a le sol dur et le sol tendre. Dieu a créé le sol pour que cela soit pour tout le temps une image du coeur de l'homme. La vigne a été créée pour être l'image du fruit qui demeure sur le cep. Le soleil a été créé pour être l'image de la lumière, de la chaleur et de la vie.

La Bible est remplie de cela. Vous trouvez cela partout où vous regardez dans la Bible. Vous voyez le lait, la nourriture, la paille, les fourmis, l'araignée, les boeufs, les nids d'oiseaux, les trous que font les renards et même les serpents qui rampent sur la terre. Dieu nous dit que ce sont des images spirituelles. La pluie est une image, la neige est une image, le gel est une image, la rosée est une image. Mais nous ne voyons pas tout le temps ces choses. Nous nous disons simplement: « Je hais cette neige, je hais ce vent. » Mais derrière tout cela, pour ceux qui ont des yeux pour voir, ils voient plus que la pluie, la neige et le gel.

C'est pour cette raison que Jésus a dit un jour de printemps: « Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. » Ces choses ont été créées pour illustrer quelque chose. Par conséquent, toute la création, même si elle est sous une malédiction, soupire pour que la rédemption prenne sa pleine mesure (cf. Romains 8:19-22). Partout où vous regardez, vous voyez l'histoire du salut et de la rédemption. C'est pour cette raison que les chrétiens qui connaissent réellement Dieu, aiment la vie. Ils sont tellement vivants parce que partout où ils regardent, ils voient le Seigneur.

Malheureusement, malgré toutes ces images, l'homme est si ignorant et aveugle qu'il ne verra probablement pas ce qu'il y a derrière. Chaque fois que l'homme regarde dans une direction, il voit le sol sous ses pieds, il cueille des fleurs et il voit des oiseaux. Il voit toutes ces images, mais il rate la réalité. Dieu lui a donc donné toute une série d'autres images, ce sont les cérémonies. Dieu a donné l'agneau qui devait être tué sur l'autel juif. Il a donné les robes des prêtres avec leurs couleurs, leurs symbolismes et toutes les cérémonies à travers lesquelles les juifs sont passés. Dans chaque direction où les juifs regardaient, ils trouvaient une image.

C'est incroyable de voir tout cela lorsque vous lisez l'Ancien Testament. Lorsque les juifs se levaient le matin pour s'habiller, ils ne pouvaient pas s'habiller sans penser à une image parce que la loi dit qu'il ne faut pas porter en même temps de la laine et du coton. Dieu voulait par là leur enseigner qu'ils devaient être séparés. En s'habillant, ils se rappelaient qu'il y avait là un principe qui était associé. Puis les juifs sortaient dans les champs et ils y trouvaient également des images. Ils allaient vers le boeuf et ils se rappelaient qu'il ne fallait pas museler le boeuf parce que cela constituait une image. Lorsqu'ils semaient, ils ne pouvaient pas mettre deux sortes de semences différentes dans le champ. C'était également pour leur apprendre à être séparés.

Lorsque le juif allait dans sa cuisine pour préparer à manger, il y avait des viandes casher et non casher, toute sa cuisine était réglementée avec des images. Partout où il regardait, le juif voyait des images, et chaque fois qu'il mangeait, quoi qu'il mangeait, il voyait cela. A la fin de la journée, le juif tombait dans son lit et Dieu disait: « Repose-toi maintenant. » Et cela était également une image. Dieu désirait que le peuple sache qu'Il a créé le repos afin qu'ils puissent connaître le repos pour leur âme. Ils ne pouvaient pas bouger, ils ne pouvaient pas respirer sans voir d'images. Ils avaient toute la journée des images devant les yeux, chaque fois qu'ils marchaient et chaque fois qu'ils restaient debout. L'acte de s'asseoir est également une image. Dieu a mis plein d'images autour de son peuple.

Les vallées représentaient une chose et les montagnes représentaient une autre chose, et l'arc-en-ciel représentait encore autre chose. Tout l'univers représente quelque chose. Et parce que ces images étaient si nombreuses, parce que Dieu en avait tant données, les gens ont oublié ce qui se passait derrière l'image. Ils ont commencé à regarder à la créature au lieu du créateur. Ils ont embrassé l'image au lieu de la réalité.



NE PAS CONFONDRE ENTRE AVOIR L'IMAGE ET AVOIR LA REALITE REPRESENTEE PAR L'IMAGE

En partant de cet arrière-plan, nous pouvons mieux comprendre ce chapitre, parce qu'il y avait deux images qui ont créé des problèmes aux corinthiens et à de nombreux chrétiens depuis lors. Je veux faire référence à l'image du baptême et de la table du Seigneur. Dieu a donné ces deux images pour illustrer des réalités spirituelles, mais les gens ont commencé à regarder à l'image plutôt qu'à la réalité.

Nous avons déjà vu la question du baptême dans nos précédentes leçons, par conséquent je ne vais pas m'étendre sur cela. Laissez-moi pourtant juste vous citer les versets 1:14: « Je rends grâces à Dieu de ce que je n'ai baptisé aucun de vous, excepté Crispus et Gaïus. » et 1:17: « Ce n'est pas pour baptiser que Christ m'a envoyé, c'est pour annoncer l'Évangile. » Paul leur dit qu'ils sont impliqués dans les images et qu'il loue Dieu qu'il n'a jamais eu à baptiser l'un d'entre eux. Il dit qu'il se lave les mains par rapport à l'accent qu'ils mettent sur cette image.

La seconde image est celle dont nous allons nous préoccuper maintenant. C'est en lien avec la Table du Seigneur. Laissez-moi vous montrer de quelle manière le Saint-Esprit illustre cela à travers Israël.

Voici ce que disent les versets 10:1-4: « Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous passé au travers de la mer, qu'ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, qu'ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et qu'ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. »

Paul explique qu'Israël avait également son baptême, ils ont également eu leur nourriture spirituelle(1). Ils sont passés à travers la mer rouge; ils ont été délivrés de l'Egypte. A travers ces images, ils se sentaient en sécurité en tant que peuple privilégié de Dieu. On voit au verset 10:4 qu'ils avaient leurs sacrements. Ils ont bu du même rocher. C'était un courant d'eau qui donne la vie. Israël avait donc leurs images tout comme les gens de Corinthe. Ils avaient également leur mer rouge. Ils avaient leurs nuages. Ils avaient leur manne. Ils avaient leur rocher. Ils avaient leur breuvage. Ils avaient leurs baptêmes. Toutes ces images illustrent de grandes vérités spirituelles comme la délivrance de l'Egypte et les provisions de Dieu. Ce sont de grands principes que l'on trouve derrière ces images.

Veuillez également remarquer le verset 10:6 qui dit: « Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d'exemples, afin que nous n'ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu. »

Israël avait des images. Ils avaient leurs baptêmes et leur table du Seigneur. Mais qu'est-ce qu'il s'est passé? Cela ne les a pas aidés. Ils ont regardé à l'image et pas à la réalité. Les versets 10:11-12 disent: « Ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber! »

J'aimerais juste ajouter quelque chose au sujet de cette image, parce que c'est de cela dont Paul est en train de parler ici. Que celui qui pense qu'il est soutenu par les images spirituelles prenne garde de ne pas tomber. Israël n'était donc pas en sécurité lorsqu'ils se sont reposés dans les images, et Paul dit aux corinthiens qu'ils n'étaient pas non plus en sécurité. Les images sont comme des fenêtres. Elles sont supposées laisser rentrer la lumière. Nous sommes supposés regarder à travers elles et pas à elles. Les corinthiens, eux, regardaient aux images, ils étaient tombés exactement dans le même piège que le peuple d'Israël.

Encore une chose au sujet des images avant que nous regardions au texte. Les versets 10:19-20 disent: « Que dis-je donc? Que la viande sacrifiée aux idoles est quelque chose, ou qu'une idole est quelque chose? Nullement. Je dis que ce qu'on sacrifie, on le sacrifie à des démons, et non à Dieu. »

Très bien, de la même façon, les païens élèvent également des idoles qui sont des images. Paul pose donc la question de ce qui est derrière ces images. Il répond qu'il n'y a rien. Lorsque les païens élèvent une idole, ils pensent qu'ils offrent un sacrifice à Dieu, mais il n'y a pas Dieu là derrière, ils élèvent donc une image sans réalité. Il n'y a pas de réalité derrière ces images. Une idole n'est rien, les images ne sont rien. Mais parce que dans leurs coeurs ils pensent qu'il y a quelque chose derrière l'image, Paul dit qu'elle devient quelque chose. Mais la réalité n'est pas dans l'image. La réalité est dans notre coeur. C'est notre coeur qui porte la réalité. Comme ces païens venaient à l'image qui n'était que vide, mais qu'il y avait quelque chose dans leur coeur, Paul dit qu'ils font des sacrifices à des démons. Ils ont créé une réalité et leurs images représentent alors ce qu'il y a dans leurs coeurs.

Paul nous explique ici qu'en tant que chrétiens, nous avons agi de la même façon. Nos images illustrent quelque chose. Notre baptême est l'illustration de quelque chose. Notre communion autour de la table du Seigneur est l'illustration de quelque chose. Mais Dieu ne regarde pas à ce que l'image illustre, Il regarde à votre coeur. C'est selon ce que cette réalité est dans votre coeur que vous êtes jugés et que Dieu vous donne le crédit ou le blâme pour cela. Dieu désirait illustrer par cela que les corinthiens avaient pris les incroyables images que Dieu leur avait données et que dans leurs coeurs ils avaient changé le sens de ces images et de ces réalités. Dans leur esprit cela n'illustrait plus ce que Dieu avait prévu. Ils avaient maintenant créé une nouvelle réalité dans leurs coeurs. Paul leur dit au verset 11:17: « Je ne veux pas vous louer pour cela mais je vous blâme plutôt pour cela. » Le Saint-Esprit doit maintenant faire face avec la fausse réalité qui a pris place dans leur coeur.

Laissez-moi vous donner deux exemples afin que vous sachiez exactement de quoi je parle. Le baptême a été donné par Dieu. Peu importe ce que cela représente d'autre, c'est l'image de la libération du péché. Il est pourtant possible d'avoir été baptisé dans l'eau, mais de ne pas être libéré du péché. Il y a des milliers de personnes qui ont embrassé l'image, mais qui n'ont pas la réalité. Dieu nous dit qu'Il regarde au coeur et que l'image ne nous fera aucun bien par elle-même. Il faut que nous ayons la réalité en nous. Vous voyez, l'image ne crée pas la réalité. Certaines personnes se sentent spirituelles lorsqu'elles respectent les images. Elles prennent telle et telle image et elles disent qu'elles doivent être spirituelles parce qu'elles ont suivi les images. Avoir l'image ne signifie pas que vous ayez la réalité.

La table du Seigneur est l'image de la communion. Mais ces corinthiens ne vivaient rien de la communion. Vous voyez, ils vivaient exactement d'une façon opposée dans leurs coeurs. Ils étaient rancuniers. Ils étaient exclusifs. Ils mettaient les autres personnes de côté. Ils étaient égoïstes. S'il y a de l'amertume dans votre coeur, si vous avez un esprit qui ne pardonne pas, si vous êtes remplis d'animosité et que vous prenez part à la communion, vous brisez l'image. Prendre part à l'image ne signifie pas que vous avez la réalité. C'est ce que Paul essaie d'illustrer ici en commençant à les avertir sur la façon dont Israël est tombé parce qu'il a embrassé les images sans avoir la réalité correspondante. La réalité est créée dans notre coeur. Peu importe ce que l'image illustre s'il n'y a pas la réalité correspondante dans notre coeur. Laissez-moi vous donner quelques exemples.

De nombreux chrétiens se sentent en sécurité parce qu'ils s'agenouillent lorsqu'ils prient. Ils disent que c'est une image de l'humilité. D'autres personnes disent: « Je vais lever les mains lorsque je loue parce que cela représente l'ouverture et cela signifie que je suis ouvert à tout ce que le Seigneur désire. » Eh bien, j'espère que si vous levez les mains ou que si vous vous agenouillez cela correspond à l'image que vous donnez. Certaines personnes diront peut-être qu'elles vont chanter et danser parce c'est une image de la joie dans le Seigneur. Eh bien, il peut y avoir certaines personnes qui tapent dans les mains et qui dansent, mais qui n'ont pas la joie du Seigneur. La réalité devrait être présente. Comme nous l'avons vu dans notre précédente leçon, les femmes peuvent porter des voiles. Vous direz peut-être que cela est une image de la soumission. Peut-être, mais il se peut également qu'elles portent un voile mais qu'elles ne soient pas soumises.

Il se peut tout aussi bien que nous rompions le pain avec quelqu'un, mais que nous ne soyons pas en communion avec cette personne. Il se peut que nous soyons baptisés, mais que nous n'ayons pas rompu avec le péché. Nous pouvons nous imposer les mains les uns aux autres et tout de même ne pas être un dans le coeur et en accord les uns avec les autres. Nous pouvons passer par toutes ces images. Nous pouvons nous laver les pieds les uns aux autres sans être humbles et sans nous rafraîchir spirituellement. Je peux littéralement tourner l'autre joue et pourtant rester rancunier. Tourner ma tête de droite à gauche ne signifie pas que je suis non résistant. Il faut que cela soit accompagné de la réalité correspondante. De la même manière, il y a des personnes qui donnent la dîme et qui ne se sont pas soumises au Seigneur. Il existe ainsi des milliers d'images.

Nous sommes des gens superstitieux. Nous avons partout des images autour de nous. Les gens portent des pins, ils ont des autocollants et ils ont toutes ces images autour d'eux. Toutes ces images sont là pour dire aux gens que je suis un enfant de Dieu. Si cela est vrai, alors il n'y a rien de mal à cela. Il n'y a pas de fin avec les images. Il y a des cartes missionnaires, des drapeaux chrétiens, des robes spéciales, des autels et des chandeliers. Il y a toutes sortes de lumières et des croix de toutes sortes. Il y a des coupes spéciales dont nous devons boire et un certain pain dont nous devons manger. Tout cela n'est que symbolisme et image. Mais dans de nombreux cas, il n'y a pas de réalité là-dedans. Vous savez, vous pouvez fermer vos yeux, croiser vos mains, vous agenouiller et avoir un coeur aussi froid que la région polaire. Nous allons des milliers de fois à travers les images sans en embrasser la réalité.

Tout cet arrière-plan est important si vous désirez comprendre cette incroyable image de 1 Corinthiens 11. Vous n'êtes pas en train de louer Dieu parce que vous Le louez habillés de robes blanches. Cela ne signifie pas que votre coeur est en train de louer Dieu. Nous ne sommes pas dans la présence de Dieu parce qu'il y a un joli fond musical, de la lumière douce et que nous sommes dans un endroit où la lumière passe à travers les vitraux. Il n'y a rien de mal à cela, mais ce n'est qu'une image s'il n’y a pas la réalité de l'image... en fait, Paul dit au verset 11:17: « Ce n'est pas pour devenir meilleurs, mais pour devenir pires que vous vous assemblez. »

Très bien, venons-en maintenant au sujet de la table du Seigneur. Laissez-moi essayer de placer ce chapitre dans son contexte historique. Une des difficultés d'une étude sérieuse de la Bible est d'y venir de façon objective. C'est-à-dire venir à la Bible pour y prendre ce que Dieu y a mis et pas pour y mettre ce que nous pensons que nous savons. Il arrive souvent que nous pensions que nous savons quelque chose.

Nos yeux sont affectés par ce qui se trouve en face d'eux, mais nos yeux sont également affectés par ce qui se trouve derrière eux. Je veux ici parler des idées préconçues. Vous voyez ce qui est derrière vos yeux avant que vous ne voyiez ce qui est devant. Nous venons donc à la Bible avec toutes ces choses préconçues. C'est donc une terrible difficulté. La réalité est que sans un miracle de Dieu, vous ne pouvez pas passer cette difficulté. Constamment lorsque je viens à la Bible, j'y plaque ce que j'ai déjà entendu, ce que j'ai appris à l'école biblique, etc. Vous venez à la Bible et vous y superposez votre propre expérience et vos propres idées.

J'imagine parfois, et je parle comme un fou, pouvoir trouver quelqu'un qui est sauvé et qui ensuite va s'isoler quelque part sur une île. Je lui donnerai une Bible et j'irai le voir quinze années plus tard juste pour voir à quoi il serait arrivé comme conclusion. Je pense qu'il serait bien plus libre de toutes les idées préconçues que nous et de tout ce que l'homme a associé aux Ecritures. Par conséquent, lorsque nous venons pour rechercher la vérité de Dieu, il est important que nous y venions de façon objective. Vous verrez cela lorsque vous essayerez de désapprendre ce que vous avez appris.

Personnellement, j'aime le golf, mais je ne sais pas bien y jouer. Si je joue si mal, c'est parce que j'ai essayé de l'apprendre par moi-même. Je fais tout de travers et maintenant les gens essaient de m'apprendre comment bien faire. Je dois désapprendre ma façon de tenir un club, ma façon de tenir ma tête et ma façon de me tenir debout. Mais lorsque vous avez fait cela pendant des années, c'est un vrai cauchemar.

Par conséquent, les gens viennent à ce chapitre et disent: « Ah, oui, le chapitre 11, je sais de quoi parle ce chapitre. C'est au sujet du sacrifice de la messe, c'est au sujet de l'eucharistie, du repas du Seigneur, de la table du Seigneur, de la sainte communion ou du fait de rompre le pain. » Tous ces noms sont différents, mais ce ne sont pas que des noms, ils soulignent tous des idées différentes, c'est pour cela que les noms sont différents. Chaque groupe a une idée différente sur ce sujet.

Certains disent que c'est un moyen de grâce par lequel Dieu donne Sa présence, donne Son Saint-Esprit, et donne le bénéfice du calvaire. C'est par là que vous recevez le pardon, le salut et que vous devenez saints. D'autres disent: « Non, non, c'est simplement une image. Cela ne nous apporte rien, c'est juste un symbole. » Certains disent que cela correspond à la transsubstantiation et d'autres à la consubstantiation. L'histoire de l'Eglise nous montre que les hommes se sont entre-tués au sujet de ces choses. Des hommes sont morts et ont été tués, parce qu'ils n'étaient pas d'accord au sujet de 1 Corinthiens 11. Nous, nous lisons souvent ce chapitre à la légère, mais cela a été la section de la Bible la plus controversée durant les deux mille dernières années. Il n'y a pas de sujet plus controversé que la table du Seigneur qui n'ait jamais frappé l'église chrétienne.

Par conséquent, indépendamment de votre approche de ce sujet, que vous célébriez cela pendant une heure ou pendant dix minutes à la fin de vos réunions, que vous le fassiez une fois par semaine ou une fois par mois, dans les bancs, en cercle ou dans les maisons, peu importe quelle sorte de pain ou de boisson vous preniez, peu importe la façon dont vous approchez ce chapitre, vous devez commencer avec ce qui est 100 % clair, puis vous pouvez aller vers ce qui est plus épineux et déroutant.

Il arrive souvent que les chrétiens désirent commencer à entrer dans ces choses simplement en remontant leurs manches et en se jetant dans le débat. Personnellement, j'ai remarqué que si je commence par ce qui est 100 % clair, la plupart du temps cela satisfait mon coeur, je n'ai ensuite pas besoin d'aller plus loin que ce qui est 100 % sûr.

Qu'est-ce que ce chapitre signifie pour les corinthiens? Oubliez ce que cela signifie pour les baptistes, les congrégationalistes, les pentecôtistes et les frères. Oubliez tout cela. Qu'est-ce que tout cela voulait dire pour les corinthiens?

1 Corinthiens 11 est le premier écrit que nous avons de ce qui est appelé la sainte communion, ou comment vous désirez l'appeler. Peut-être que vous me direz: « Mais qu'en est-il de Matthieu? Marc ou Luc? » Il est vrai que l'on parle de cela en Matthieu, Marc et Luc, mais ces livres ont été écrits plusieurs années plus tard. C'est donc les premiers écrits que nous avons de cette incroyable section des Ecritures. Lorsque cet événement a été retranscrit par écrit, il y a déjà vingt-cinq années qui se sont écoulées depuis que le Seigneur est retourné au ciel.

Il y a quelque chose qui se passait à Corinthe. Mais quoi? Ils avaient des genres de réunions. Quelles étaient-elles? Il y avait des abus pendant ces réunions. Quels étaient ces abus? Il faut que nous nous remémorions de quelles façons se passaient les réunions du premier siècle. Nous devons comprendre ce que Paul avait à l'esprit lorsqu'il a écrit cela et ce que les corinthiens ont compris lorsqu'ils l'ont lu. Puis nous pourrons saisir toute l'histoire qui a suivi, mais nous devons d'abord comprendre l'arrière-plan très simple et les abus qu'ils ont expérimentés.

Laissez-moi commencer en disant que ces chrétiens, à l'époque, n'avaient pas la moindre idée de ce que nous appelons la table du Seigneur. Si vous les invitiez à nos réunions lorsque nous célébrons le repas du Seigneur, peu importe le groupe que vous représentiez, ces corinthiens se poseraient la question de ce qu'ils doivent faire. Ils n'ont jamais expérimenté ce que nous appelons la table du Seigneur ou rompre le pain ensemble.

Ils avaient ce qui est appelé le repas agape. Dans le grec ce mot signifie amour. C'était un repas d'amour, une fête d'amour. C'était la tradition chrétienne que de manger ensemble. Ils prenaient le souper ensemble. Tout le monde se rassemblait et ils mangeaient ensemble. Ce n'était pas une réunion d'église. Ce n'était pas du tout une célébration. C'était une occasion de se retrouver. Ils se rassemblaient et mangeaient un repas ensemble.

Si vous parcourez les Actes, vous verrez que chaque fois que nous lisons « les chrétiens ont rompu le pain ensemble », instinctivement nous pensons qu'il s'agit de la communion, de la table du Seigneur. Mais lorsque les chrétiens rompaient le pain dans le Nouveau Testament, cela ne faisait pas référence à une cérémonie religieuse. Il est question de chrétiens qui se réunissent et qui prennent un repas ensemble. Ils se rassemblaient. Lorsqu'ils rompaient le pain ensemble, ils faisaient la même chose que si je vous invitais dans ma maison pour que nous mangions ensemble. Cela n'avait rien à voir avec une célébration. Ils partageaient simplement un repas ensemble. C'était appelé un repas d'amour parce que chacun pouvait apporter ce qu'il désirait pour le partager. Ils n'avaient pas grand-chose, ils étaient très pauvres. L'idée est que les chrétiens sont tous une grande et heureuse famille et ils désiraient exprimer cela en mangeant ensemble. Ils voulaient donc avoir la communion ensemble. Ils manifestaient donc de l'amour les uns pour les autres et lorsqu'ils rompaient le pain, tous les chrétiens étaient présents. Ils ne faisaient pas cela qu'une fois par semaine ou qu'une fois par mois. Ils faisaient cela tous les jours. Ils se rendaient dans les différentes maisons et prenaient le repas ensemble.

Certaines personnes disent que ce repas était divisé en deux. Ils disent qu'il y avait la fête de l'amour et qu'ensuite à la fin, après le grand repas, il y avait la célébration appelée la communion ou l'eucharistie ou la table du Seigneur ou quelqu'autre nom que vous désirez lui donner. Pas du tout, il n'y en avait pas deux. Il n'y en avait qu'un. Ce n'est que lors du troisième siècle que le repas en lui-même a disparu et qu'il n'est resté que le temps de l'eucharistie, ou de la table du Seigneur. Dans le Nouveau Testament, il y avait le repas agape. Il n'y avait pas de cérémonie comme celle que nous appelons « repas du Seigneur ou service de communion. »

Vous voyez, cette église du premier siècle était remplie de gens pauvres. Elle était pleine d'esclaves, de veuves et d'orphelins. Leurs occupations étaient assez humbles, ils étaient fermiers, pêcheurs ou potiers. Bien entendu, nombreux étaient ceux qui étaient sans emploi. Lors du repas agape, les riches apportaient plein de belles nourritures. Les riches apportaient de la viande et ce genre de chose, mais les pauvres n'apportaient que du riz et des olives. Il y avait en effet beaucoup d'oliviers à cette époque. Beaucoup de personnes ne pouvaient rien apporter. Mais lors de l'agape cela n'était pas important parce qu'il n'y avait pas d'esclaves, pas de pauvres, pas de veuves, pas de riches, pas de propriétaires terriens. Il y avait juste des chrétiens et toutes les choses étaient mises en commun. Les pauvres pouvaient se lever et chercher un bon morceau d'un bon filet mignon. Le riche s'asseyait avec le pauvre et l'esclave avec le maître. Toutes les distinctions disparaissaient avec ce repas Agape. C'était une « koinonia. » C'était une communion. C'était un moment où les chrétiens mettaient tout en commun.

Mais lors de ces repas agape, certains corinthiens sont tombés dans de grands excès et abus. Paul en mentionne deux dans les versets 11:18-19. Il y avait le péché de l'exclusivisme, les clans. C'était comme les clans qui sont mentionnés dans les quatre premiers chapitres où certains disaient: « Moi je suis de Paul moi d'Apollos, moi de Céphas et moi de Christ. » Dans le chapitre 11, il ne s'agit pas de clans théologiques, il s'agit de clans sociaux. Les riches s'asseyaient à la table des riches et les pauvres se tenaient en ligne, ou s'asseyaient à la table des pauvres. Vous voyez, le message du repas agape était celui de l'unité du corps. C'est cela le principe. Ils montraient qu'ils étaient tous un. Christ était la tête de toute l'église et chaque membre faisait partie de l'église. Il n'y avait pas de petites sectes. Il n'y avait pas de petits groupes ésotériques de personnes qui pensent qu'elles ont une relation privilégiée avec le Seigneur Dieu. Certains chrétiens de Corinthe ne fréquentaient que certaines personnes, en en excluant d'autres.

Ceci dit, je ne veux pas dire que Dieu ne vous donnera jamais un ami chrétien spécial. Il le fera et chaque fois que vous invitez un chrétien dans votre maison, vous n'avez pas à inviter tous les chrétiens. Ce n'est pas ce que je veux dire. L'exclusivisme est en lien avec notre coeur. C'est une attitude du coeur qui repousse les gens parce qu'ils ne sont pas aussi bons que nous, ou alors parce que nous pensons que nous avons une relation avec le Seigneur que les autres chrétiens n'ont pas. C'est cela le péché de l'exclusivisme et c'est rampant dans l'église. Le plan de Dieu était que tous les chrétiens puissent se rassembler autour d'une table en tant que pécheurs indignes, pauvres par nature, riches en grâce, et ainsi profiter de la communion les uns avec les autres.

C'était déjà assez mauvais, mais regardez ce que dit le verset 11:21: « Car, quand on se met à table, chacun commence par prendre son propre repas, et l'un a faim, tandis que l'autre est ivre. »

Ils étaient si attachés à l'image qu'ils en ont perdu de vue la réalité. C'est un repas d'amour et l'amour est en lien avec les autres personnes. C'était une agape, c'était un repas d'amour. Mais au verset 11:21, on voit qu'ils ne s'attendaient pas les uns les autres pour manger, il y avait des gens gloutons et des gens ivres. Cela signifie que certains avaient perdu la tête, ils buvaient du vin pendant ces fêtes tout comme le faisaient les païens. Les païens avaient aussi ce genre de souper, mais on peut penser que lorsque les gens sont devenus chrétiens tout cela a été transformé.

Paul dit donc aux corinthiens: « Regardez cette image, comment l'appelez-vous déjà? » Ils répondent: « Le repas de l'amour. » Puis Paul dit: « Qu'est-ce que vous voyez lorsque vous vous rassemblez? Est-ce que vous renvoyez l'image d'un repas de l'amour? Vous êtes exclusifs. Vous mettez les gens de côté. Plusieurs repartent sans avoir rien mangé. Vous ne les accueillez pas à votre table. Regardez-vous. Vous êtes des gloutons. Il y a des gens qui sont ivres. Comment est-ce que vous appelez cela de nouveau? » Et les corinthiens répondent: « C'est le repas de l'amour. » Paul ajoute: « Eh bien, c'est un merveilleux repas de l'amour. Vous mettez l'image à mal. A travers votre exclusivisme, vos clans, votre gloutonnerie, votre égoïsme, votre ivrognerie, vous avez détruit l'image de la « koinonia », de la communion. »

A ce moment, Paul fait quelque chose d'étrange. Il rappelle les événements qui se sont passés la nuit avant que Jésus ne meure, juste avant le jardin de Gethsémané. Le verset 11:23 dit: « Car j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné; c'est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré... » La question qui nous vient à l'esprit est: pourquoi est-ce qu'il en vient à cela? Qu'est-ce que cela a à voir avec l'agape, avec la « koinonia, » avec le repas de communion?

Nous avons commencé cette étude avec une vue large sur Dieu qui a créé des images. Toute la création est une image, chaque endroit où vous regardez est une image. Et il y a une image des plus communes, des plus simples, une qu'on fait tous les jours que Dieu a créée et que pourtant l'homme n'a jamais vu comme étant une image.

Essayons de retourner à l'arrière-plan historique. Cela s'est passé un mardi soir, Jésus était sur le point de mettre de la lumière sur quelque chose que l'homme ne pensait même pas être de la lumière. Nous ne pouvons pas regarder cela de façon trop profonde ou alors nous allons rater l'image. Nous devons prendre les paroles de Jésus dans leur sens le plus simple, dans leur explication la plus naturelle et alors vous verrez que ce que Jésus a fait était des plus simples, et que cela apporte beaucoup de lumière sur ce problème particulier.

Jésus ne pouvait pas attendre pour arriver à cette dernière Pâque. Il passait son temps à en parler et à en parler. En Luc 22:15 nous lisons: « Il leur dit: J'ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir. » C'était une passion. Il dit qu'Il ne pouvait pas attendre jusqu'à ce qu'Il puisse manger cette Pâque avec eux. C'est parce qu'Il savait ce qu'Il allait faire.

Peut-être que vous direz que tout cela était en lien avec le repas de la Pâque. Non, ce n'est pas le cas. Il est vrai que cela allait accomplir la signification de la Pâque, et vous pouvez expliquer ce geste de Jésus en fonction de la Pâque et de l'agneau, mais vous risquez alors de rater le point important dans ce que Jésus a fait. Il est vrai qu'Il était sur le point de devenir l'agneau et ainsi remplacer l'agneau de la Pâque, mais il était sur le point de faire quelque chose de bien plus fondamental que cela. Il était sur le point de sanctifier la plus simple image qu'Il n'ait jamais créée.

Je veux parler de manger et de boire. Lorsque Dieu a créé l'homme sur la terre, Il l'a créé pour manger et pour boire. La réalité est qu'il n'y a pas de vie s'il n'y a pas de manger et de boire chaque jour de votre vie. Certaines personnes mangent une fois par jour, certaines personnes mangent deux fois par jour et certaines personnes trois fois par jour. Chaque jour de notre vie, nous ouvrons notre bouche et nous mangeons et buvons. Vous verrez cela partout où vous irez sur la terre. Chaque culture et chaque nation a cela. Chaque personne fait cela. Les femmes le font et les hommes le font. Les enfants le font. Les animaux le font. Les poissons le font. Les oiseaux le font. Les insectes le font. Tout le monde fait cela. Mais les hommes n'ont jamais considéré le manger et le boire comme si cela avait été prévu par Dieu pour être une image. Ils pensaient que cela était simplement une nécessité et que s'ils ne le faisaient pas, ils allaient sûrement mourir. Jésus était sur le point de sanctifier cette image pour toujours. Il était sur le point de faire descendre la lumière du ciel sur cela et de montrer pourquoi Il avait créé tout cela. L'heure était venue pour Christ de mourir pour les péchés du monde et d'apporter la vie spirituelle au monde.

La Bible utilise sans arrêt l'image de la nourriture pour illustrer la communion, que ce soit dans l'Ancien Testament ou dans le Nouveau Testament. Lorsque vous vous asseyez avec quelqu'un, cela signifie que vous avez des relations avec lui. C'était cela la communion à cette époque. Ceux qui viennent à votre table sont vos amis. Vous ne vous asseyez pas avec vos ennemis. C'est donc une image. C'est aussi ce qui est dit de Jésus en Apocalypse 3:20: « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » Pourquoi est-ce qu'Il dit: « Je vais venir et je vais souper? » C'est simplement une image de la communion. Lorsque Christ vient, Il entre et s'installe pour manger. C'est tout le temps une image de la communion. Lors de son dernier repas, le Seigneur Jésus savait pourquoi Il avait créé la nourriture et la boisson, mais l'homme ne savait pas pourquoi Il a créé la nourriture et la boisson, c'est pour cela que Jésus a dit qu'il était temps que le monde le sache.



CE QUI EST VIVANT A DÛ MOURIR POUR QUE NOUS PUISSIONS VIVRE

Comme il y a tellement d'abus qui sont nés de cette image qu'est la table du Seigneur, je vais essayer de paraphraser ce qui s'est passé, puis nous verrons les problèmes en lien avec cela. Essayez de vous représenter le Seigneur Jésus assis à table avec Ses disciples.

Pensez au Seigneur qui prend du pain. Il dit à Ses disciples: « Est-ce que vous voyez ce pain que vous êtes sur le point de manger? » Est-ce que vous savez que ce pain était un jour vivant? Est-ce que vous savez qu'en tant que grain dans le champ, ce pain était un jour vivant? Est-ce que vous savez ce qui doit arriver à ce grain vivant pour que vous puissiez avoir ce que vous avez devant vous? Ce grain vivant doit être coupé. Il doit passer par le tamis. Il doit être écrasé et moulu. Il doit ensuite être cuit. Regardez maintenant ce que je vais faire avec ce pain vivant. » Ensuite le Seigneur l'a rompu en deux. Et Il a dit que ce pain vivant doit mourir pour que vous puissiez rester en vie. Vous ne pourriez pas rester en vie physiquement s'il n'y avait pas ce pain.

Puis Il a pris la coupe et Il a partagé la même idée. Je ne vais pas entrer dans la controverse pour dire si c'était du raisin fermenté ou non, bien que je sois certain que ce n'était pas fermenté parce qu'il s'agit de la fête des pains sans levain et la fermentation n'est rien d'autre que du levain. Comme le pain était sans levain, je pense que c'était également le cas pour le raisin. Quoi qu'il en soit, Il a tenu la coupe avec le jus de raisin et Il a dit: « Avant, ce raisin était vivant. Il était attaché au cep, mais maintenant il est mort. Non seulement il est mort, mais il est mort de mort violente. Vous ne pouvez même plus trouver la grappe. La grappe a été écrasée, son sang a suinté. La grappe est partie. » Ainsi Jésus a utilisé le pain et le jus pour non seulement illustrer la vérité qu'Il allait mourir (les gens ne vont d'habitude pas plus loin que cela), mais c'est plus grand que cela. L'image est plus grande. Jésus a illustré la réalité qu'il y a derrière le manger et le boire.

Vous voyez, Dieu a créé l'homme pour manger et pour boire, Il a mis en lui la faim et la soif et maintenant le Seigneur va donner une raison à tout cela. Chaque jour sur terre des milliards d'hommes portent à leur bouche une fourchette, une cuillère ou un verre. L'homme doit manger ou il va mourir. Je suis sûr que chacun d'entre nous a mangé quelque chose aujourd'hui. Je ne sais pas ce que c'était, mais c'était un jour vivant. Cela a dû être vivant ou alors vous ne pourriez pas vivre. Tout ce que vous mangez, peu importe si c'est des pommes de terre, de la viande, du jambon ou des pizzas, était un jour vivant et a dû mourir pour que vous restiez en vie physiquement. C'est vrai pour tout ce que vous mangez.

Est-ce que Jésus était en train d'instituer une cérémonie qui devait ensuite être observée par le chrétien? Pas du tout. Lorsque Jésus dit au verset 11:25: « Toutes les fois que vous en boirez », Il ne parlait pas d'un sacrement qu'Il était en train d'instituer. Il ne voulait pas dire qu'il fallait faire cela une fois par mois ou une fois par semaine. En fait Il disait: « De la même manière que quelque chose doit mourir pour que vous restiez physiquement vivants, je suis sur le point de mourir pour vous, pour que vous restiez vivants. Et chaque fois que vous mangez ou que vous buvez, j'aimerais que vous vous souveniez de moi. Je vais vous montrer ce qu'il y a derrière le manger et le boire. Il y a là une réalité. Il y a ici une réalité spirituelle. Je suis le pain de la vie. Je suis la boisson de la vie. De la même façon que cela a dû mourir pour que vous restiez en vie physiquement, je dois mourir pour que vous restiez en vie spirituellement. » Cela fait référence à chaque occasion où nous mangeons et où nous buvons.

Tout cela est plus grand qu'une cérémonie. Paul parle ici du petit déjeuner, du repas, du dîner, d'un souper, d'un goûter ou de quel que soit le nom que vous donniez à cela. Il parle de chaque fois que vous mangez. Au départ Jésus n'a pas institué un sacrement. Il a montré la réalité spirituelle qu'il y a derrière le fait de manger et de boire. Il a donné la vraie signification de tout cela. Manger et boire est une célébration de la vie à travers la mort. C'est de cela dont il s'agit ici, c'est une communion d'amour, parce que nous pouvons vivre car quelque chose est mort. Par leur exclusivisme, leur égoïsme et leur ivrognerie, les corinthiens ont ruiné toute cette image.

Jésus a expliqué tout cela et c'est si simple, si beau et si merveilleux. L'image la plus commune qu'Il a prévue devait constamment nous rappeler ce que cela a coûté que de sauver nos âmes. Cela se passe chaque fois que nous mangeons et que nous buvons. Son intention était de prendre l'image la plus commune de la vie qui est de manger et de boire pour que cela puisse tout le temps nous rappeler notre grande rédemption. Il semble que depuis le début de l'église, les gens ont pris cette image et l'ont mise en pièce. C'est une triste réalité, qui vous fend le coeur, que de lire comment et combien, à travers l'histoire de l'église, il y a eu de controverses et de sang versé à cause de cela.



DIEU JUGE PAR RAPPORT A LA DIRECTION DE NOTRE VIE ET NON PAS EN FONCTION D'UNE ACTION PARTICULIERE

Laissez-moi faire quelques commentaires au sujet des versets 11:27-30: « C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange du pain et boive de la coupe; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup d'infirmes et de malades, et qu'un grand nombre sont morts. » Comme les gens pensent au repas du Seigneur en terme de cérémonie et en lien avec une réunion d'église, ils imaginent que le Seigneur a prévu une punition spéciale pour quiconque célèbre le repas du Seigneur d'une mauvaise manière. Laissez-moi juste vous demander cela. Je ne désire pas jouer avec cela parce que c'est très précieux. Est-ce que vous avez déjà participé au repas du Seigneur alors que votre coeur n'était pas droit? Est-ce que vous avez été annihilés? Est-ce que vous avez déjà vu quelqu'un s'effondrer en prenant part à la communion? Je vous rends attentifs à cela parce que Dieu ne parle pas d'un acte. Il parle d'une attitude. Il ne parle pas d'un simple événement. Il parle d'une façon de vivre. Il parle de toute une vie qu'Il va châtier.

Vous voyez, Dieu n'est pas en train de dire que vous feriez mieux de vous asseoir à table avec tous les autres chrétiens sans faire de distinction ou sinon vous serez atteints de lèpre, ou que vous ne deveniez pas ivres ou alors vous recevrez un autre jugement. Il ne désire pas parler de cela. La fête agape était une image de leur vie. Il dit simplement que cette occasion du repas du Seigneur ne fait que montrer à tout le monde la façon dont ils se comportent. Le repas du Seigneur, ce souper, cette fête d'amour, était tout simplement une manifestation de ce qu'ils étaient réellement. Il dit que c'est parce que leur vie est égoïste que Dieu va les punir. Est-ce que vous avez vu cela dans votre vie chrétienne? Est-ce que Dieu a déjà puni lorsque les vies sont bâties autour du moi? Oui, tout à fait. Il fait cela pour chacun d'entre nous. Dieu les discipline parce qu'ils sont rebelles, mais Il ne parle pas ici d'un événement. Il parle d'une attitude. Il ne parle pas d'une fois et d'un acte isolé. Il parle d'une direction de coeur et cette fête agape était l'occasion pour mettre au grand jour ce qu'il y avait dans les coeurs. C'est de cela dont il désire parler.

Je me rappelle que lorsque je lisais le verset 11:27: « celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur » que j'étais effrayé à mort parce que je ne savais pas ce que cela signifiait que de manger ou de boire indignement et je ne voulais certainement pas être coupable envers le corps et le sang du Seigneur, quoi que cela veuille signifier. Je ne comprenais pas cela. Je suis reconnaissant que le mot grec soit un adverbe et pas un adjectif. Je suis reconnaissant que cela ne signifie pas que nous devons rester au loin jusqu'à ce que nous soyons dignes. Vous voyez, cela signifie d'une manière indigne. C'est tout à fait différent que d'être indigne. Vous voyez il n'y a pas de dignité en dehors de Christ.

Le contexte est clair. La manière indigne nous parle d'une direction de vie, de ceux qui vivent pour eux-mêmes, qui vivent égoïstement, qui n'ont pas de coeur pour les autres chrétiens, qui ne font que nourrir l'appétit physique. Cette gloutonnerie était une image. C'est de ne vivre que pour moi-même. L'ivrognerie n'est qu'une image: tout pour moi. Si je désire vivre de cette manière, alors Dieu dit que c'est une manière indigne de vivre et qu'Il va s'occuper de nous, qu'Il va nous corriger. Mais Il ne veut pas parler que d'un seul événement isolé. Il parle de toute une vie. Je désire à nouveau souligner qu'il ne s'agit pas ici d'une petite cérémonie, mais de toute une vie.

Nous en arrivons maintenant à la partie la plus importante de la leçon. Je pense que c'est la partie la plus importante parce que cela nous donne un dénominateur commun pour approcher ce grand problème des images et des principes, et tout spécialement de la table du Seigneur. Il est fort possible que le peuple de Dieu va faire comme il a fait pendant deux mille ans, c'est-à-dire célébrer le repas du Seigneur comme une cérémonie. Est-ce que cela est faux? Bien entendu cela n'est pas faux. Ce n'est pas faux d'avoir une cérémonie particulière pour se rappeler de Christ, et la dernière chose que j'aimerais voir est que quelqu'un se débarrasse de l'image. Je m'intéresse en premier lieu à ce que vous embrassiez le principe. Vous pouvez garder l'image si vous le désirez et si cela vous aide, mais ne vous contentez pas uniquement de l'image. Prenez l'image et le principe. Le grand principe est manger et boire, nous devrions manger et boire Christ – la nourriture et la boisson de notre âme.

Laissez-moi maintenant vous donner cinq suggestions pour retirer le meilleur du repas du Seigneur tel que nous le connaissons de nos jours. Mais avant cela, j'aimerais juste insister sur le fait que nous devons nous joindre à la célébration du repas du Seigneur uniquement dans la mesure où cela est une image. Je vous rends attentifs à cela parce qu'il y a certaines personnes qui en font plus qu'une image. Si vous en faites davantage qu'une image, vous commettez une hérésie. Vous êtes dans un faux enseignement. Le repas du Seigneur n'est pas un canal de la grâce. Vous ne recevez pas quelque chose du Seigneur en prenant part au repas du Seigneur. Vous ne recevez pas le Saint-Esprit en prenant part au repas du Seigneur. Vous ne recevez pas de force en prenant part au repas du Seigneur. Vous ne devenez pas saints en prenant part au repas du Seigneur. Vous ne recevez pas de pardon des péchés ou un autre bénéfice en dehors de ce qui est illustré par cela, c'est la communion avec les autres croyants et dans votre propre coeur la communion avec le Seigneur. Certaines personnes enseignent que vous recevez Christ et qu'à travers un miracle, le pain devient réellement le corps de Christ et que la boisson devient le sang de Christ.

Je suis allé dans une école luthérienne et je me rappelle que le professeur enseignait de façon très fière, qu'il ne s'agissait pas de transsubstantiation mais de consubstantiation. Et lorsque nous demandions ce qu'était la consubstantiation, il citait Luther: « La transsubstantiation signifie que le pain et le sang deviennent le corps et le sang de Christ. Mais ce n'est pas réellement son sang et son corps. La consubstantiation signifie que la présence de Christ est sur le pain, dans le pain, à travers le pain, entre le pain, derrière le pain, sous le pain et autour du pain. » En fait cela n'est qu'une autre façon de dire la même chose! Ils utilisent juste des mots différents. Alors n'hésitez pas à utiliser l'image, mais si quelqu'un pense qu'il peut en retirer quelque chose, quelque chose de spirituel, alors vous êtes allés trop loin et si jamais vous en faites un canal de la grâce alors je pense que vous suscitez la jalousie de l'Esprit du Seigneur. Seul le Seigneur est le canal de la grâce, Il parle par Sa parole, mais n'allez pas dans quelque chose de ce genre. Utilisez l'image comme étant une image.

Laissez-moi donc maintenant vous donner cinq suggestions. Les versets 11:24 et 25 disent: « Faites ceci en mémoire de moi. » Voici une première suggestion. Gardez vos yeux sur le Seigneur et non pas sur le repas du Seigneur. Est-ce que vous désirez profiter de la communion avec le peuple de Dieu? Alors gardez vos yeux sur le Seigneur. Nous faisons cela pour nous rappeler de Lui. La plupart des repas du Seigneur auxquels j'ai participé sont davantage centrés sur le calvaire que sur Christ. Beaucoup sont centrés sur la mort. Est-ce que nous commémorons sa mort? Non, nous ne commémorons pas Sa mort. Nous proclamons Sa mort, mais nous le faisons en mémoire de Lui. Nous nous rappelons du Seigneur, nous ne nous rappelons pas de Sa mort. Vous proclamez Sa mort. C'est une toute autre chose. Aussi merveilleuse que soit la Croix, aussi merveilleux que soit Son sang, aussi merveilleux que soit le salut, Dieu est meilleur. Dieu est meilleur que Sa Parole. C'est Dieu qui a répandu Son sang, il s'agit du Seigneur Lui-même. Si vous désirez recevoir le maximum de cette célébration, alors gardez vos yeux sur le Seigneur et non pas sur le repas du Seigneur.

Ma seconde suggestion est: respectez la simplicité des symboles car la vie chrétienne est simple. Qu'est-ce qui peut être plus simple que du jus de raisin et du pain, que de manger et de boire? Un petit enfant peut comprendre cela. Lorsque vous mangez quelque chose, est-ce que vous êtes conscient de ce qui arrive à la nourriture? Vous la mettez simplement dans votre bouche. Vous la prenez et votre corps fait le reste. Vous ne vous posez pas la question de savoir quelle est la part que joue la salive. Vous ne vous demandez pas ce que le pancréas va faire avec cela. Vous ne vous demandez pas quel acide va s'occuper de ce morceau de viande. Vous ne pensez pas à ce genre de chose. Le bout de mes doigts à tout autant besoin des pommes de terre que mon estomac en a besoin. De quelle façon est-ce que les pommes de terre arrivent au bout de mes doigts? Eh bien cela fait simplement partie des processus de la vie. C'est involontaire. Vous mangez simplement et le corps fait le reste! Paul nous dit donc que la vie chrétienne est simple. Ce n'est pas difficile. Vous avez simplement à vous nourrir du Christ et Il va faire tout le reste. Vous n'avez pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour comprendre tout le reste, ce qui se passe à l'intérieur.

La troisième suggestion est que tout le monde est différent et que chaque église a sa propre approche. N'acceptez pas que quelqu'un insiste sur une façon de faire particulière, ce qui ne fera que vous détourner du Seigneur. Il arrive parfois que vous alliez dans une église et que vous ne sachiez pas comment agir. Dans certains endroits, on s'attend à ce que vous preniez le pain et que vous le mangiez tout de suite, dans d'autres endroits vous êtes supposés attendre que tout le monde en reçoive. Parfois on vous le donne et parfois c'est à vous de le prendre. Parfois il y a une coupe commune et au lieu de penser au Seigneur, on pense aux différents microbes qui se promènent. Si jamais il y a des petits gobelets, on a peur qu'on les renverse. Ne vous inquiétez pas de la forme. Toutes les formes sont justes si votre coeur est juste, et tout spécialement parce que ce sont des inventions des hommes. Si c'est l'homme qui l'a inventé, alors toutes les formes sont bonnes. Si jamais la forme avait été l'idée de Dieu vous pourriez dire que c'est Dieu qui l'a pensé, ainsi alors nous devons respecter cette forme. Mais c'est l'idée des hommes donc toutes les formes feront l'affaire. Par conséquent, ne laissez pas la forme vous perturber, parce que nous regardons au-delà de la forme et vous êtes supposés voir le Seigneur.

La quatrième suggestion est que comme chacun des passages concernant le repas du Seigneur, que ce soit dans 1 Corinthiens 11, Matthieu 26, Marc 14 ou dans Luc 22, nous rend attentifs à la nouvelle alliance, qui est un autre mot pour désigner la grâce, célébrez cette fête dans la grâce. Ce que je veux dire par cela est: qu'est-ce qui va faire que je sois sûr que je ne vienne pas d'une manière indigne pour prendre le repas du Seigneur? Eh bien c'est la grâce de Dieu. C'est la seule chose qui puisse m'aider. Tout ce qui est nécessaire pour que je vienne d'une manière digne m'est donné en Jésus-Christ et dans la nouvelle alliance: nous pouvons donc venir pour célébrer cela dans la grâce.

La cinquième et dernière suggestion est: célébrez le repas du Seigneur en termes de salut en trois volets. Qu'est-ce que je veux dire par cela? Si vous lisez attentivement 1 Corinthiens vous verrez qu'il y a trois temps qui sont employés pour faire référence au salut: le passé, le présent et le futur. A travers l'inspiration des Ecritures, le Saint-Esprit nous a donné l'image la plus excellente et complète que vous pourrez trouver. Le temps passé est représenté par le fait que Christ rompt le pain et prend la coupe, il s'agit de Christ mort pour moi. C'est le temps passé. Puis Il dit: « buvez-en et mangez-en ». Donc vous buvez et vous mangez. Il n'est pas possible que vous puissiez voler ce que je mange. Tout ce que je mange et que je bois est à moi. C'est une image de l'appropriation de Christ. C'est le présent. Ensuite le Seigneur dit que nous n'avons pas à faire cela pour toujours, parce qu'il y aura un jour, lorsque nous nous assiérons avec le Seigneur lors des noces de l'agneau, où nous aurons une nouvelle sorte de célébration. C'est le futur. Le repas du Seigneur est donc une belle image du passé (Christ est mort pour moi), du présent (Christ vit à travers moi à travers l'appropriation qui correspond au manger et au boire) et je ferai cela jusqu'à ce qu'Il vienne.

Je pense qu'avec ces cinq suggestions vous pourrez recevoir le maximum de bénéfice de la table du Seigneur. Regardez au Seigneur et non pas au repas du Seigneur. Entrez dans la simplicité des symboles. Ne permettez pas aux accents que les gens mettent sur les formes extérieures de vous troubler. Soulignez l'alliance de la grâce. Entrez dans le salut en trois volets.

Je propose que nous terminions avec le verset 11:17: « En donnant cet avertissement, ce que je ne loue point, c'est que vous vous assemblez, non pour devenir meilleurs, mais pour devenir pires. » En d'autres termes, si vous ne venez pas avec cet état d'esprit, il vaut mieux que vous restiez à la maison.

C'est exactement ce qu'il dit ici. Ils se rassemblent pour le pire. J'ai entendu des personnes dirent: « La condition de leur coeur n'est pas importante, l'essentiel est qu'ils viennent à l'église. » Non, que les gens restent à la maison si leur coeur n'est pas dans de bonnes dispositions. C'est la façon de faire de la Bible. Si vous venez avec la mauvaise attitude, alors vous vous rassemblez pour le pire et non pas pour le meilleur.

Prions:

Père, nous Te louons pour Ta Parole. Pas pour ce que nous croyons qu'elle signifie, mais pour tout ce que Toi Tu sais qu'elle signifie. Merci de manifester cela dans nos coeurs. Combien nous Te louons pour Ta boisson et Ta nourriture sanctifiée. Nous sommes si oublieux. Mais Tu places toujours à nouveau ce rappel devant nous, jour et nuit, que notre vie vient de Toi. Seigneur, lorsque nous sommes en communion avec le peuple de Dieu et que nous nous rappelons de Toi pendant ces occasions spéciales, permets-nous de ne pas nous perdre dans l'image, mais de T'embrasser dans la réalité. Nous Te prions de manifester tout cela dans nos coeurs. Au nom de Jésus. Amen.

1 Corinthiens #15

(1)Ce qui correspond à la table du Seigneur dans le Nouveau Testament. (NdT)[retour]