LE PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA VIE

Deuxième jour

Par Andrew Murray

« J'ai attendu ton salut, ô Éternel ! » — Genèse 49:18 (Ostervald)

Si le salut vient effectivement de Dieu et relève entièrement de Son œuvre, tout comme l'a été notre création, il s'ensuit naturellement que notre premier et plus grand devoir est d'attendre qu'Il accomplisse cette œuvre comme Il l'entend. L'attente devient alors la seule voie menant à l'expérience d'un salut complet, la seule voie, en vérité, pour connaître Dieu comme le Dieu de notre salut. Toutes les difficultés invoquées comme nous empêchant d'accéder au salut complet trouvent leur cause dans cette seule chose : une connaissance et une pratique déficientes de l'attente de Dieu. Tout ce dont l'Église et ses membres ont besoin pour que se manifeste la puissante puissance de Dieu dans le monde, c'est de revenir à notre véritable place, celle qui nous revient de droit, tant dans la création que dans la rédemption, celle d'une dépendance absolue et incessante envers Dieu. Efforçons-nous de discerner quels sont les éléments qui composent cette attente de Dieu si bénie et si nécessaire : cela pourra nous aider à découvrir les raisons pour lesquelles cette grâce est si peu cultivée, et à ressentir à quel point il est infiniment souhaitable que l'Église, que nous-mêmes, apprenions à tout prix son secret béni.

Le besoin profond de cette attente de Dieu réside autant dans la nature de l'homme que dans celle de Dieu. Dieu, en tant que Créateur, a formé l'homme pour qu'il soit un vase dans lequel Il puisse manifester Sa puissance et Sa bonté. L'homme ne devait pas posséder en lui-même une source de vie, de force ou de bonheur : Celui qui vit éternellement et qui est le seul à vivre devait, à chaque instant, lui communiquer tout ce dont il avait besoin. La gloire et la béatitude de l'homme ne devaient pas résider dans son indépendance, ni dans sa dépendance envers lui-même, mais dans sa dépendance envers un Dieu aux richesses et à l'amour infinis. L'homme devait avoir la joie de recevoir à chaque instant de la plénitude de Dieu. Telle était sa béatitude en tant que créature non déchue.

Lorsqu'il s'est détourné de Dieu, il est devenu encore plus absolument dépendant de Lui. Il n'y avait pas le moindre espoir de le sortir de son état de mort, si ce n'est en Dieu, en Sa puissance et en Sa miséricorde. C'est Dieu seul qui a commencé l'œuvre de la rédemption ; c'est Dieu seul qui la poursuit et la mène à bien à chaque instant en chaque croyant. Même chez l'homme régénéré, il n'y a en lui-même aucune puissance de bonté : il n'a et ne peut avoir rien qu'il ne reçoive à chaque instant ; et s'en remettre à Dieu est tout aussi indispensable, et doit être tout aussi continu et ininterrompu, que la respiration qui maintient sa vie naturelle.

C'est donc parce que les chrétiens ne prennent pas conscience, dans leur relation avec Dieu, de leur pauvreté et de leur impuissance absolues, qu'ils n'ont aucune idée de la nécessité d'une dépendance absolue et incessante, ni de la bénédiction ineffable que représente le fait d'attendre continuellement Dieu. Mais dès lors qu'un croyant commence à s'en rendre compte et à l'accepter, à savoir qu'il doit, par le Saint-Esprit, recevoir à chaque instant ce que Dieu accomplit à chaque instant, attendre Dieu devient pour lui son espoir et sa joie les plus éclatants. En prenant conscience de la manière dont Dieu, en tant que Dieu, en tant qu'Amour infini, se réjouit de communiquer sa propre nature à son enfant aussi pleinement qu'il le peut, et de la façon dont Dieu ne se lasse pas, à chaque instant, de veiller sur sa vie et ses forces, il s'étonne d'avoir jamais considéré Dieu autrement que comme un Dieu sur lequel il faut compter tout au long de la journée. Dieu qui donne et œuvre sans cesse ; son enfant qui attend et reçoit sans cesse : telle est la vie bénie.

« En vérité, mon âme attend Dieu ; de Lui vient mon salut. » D'abord, nous attendons Dieu pour obtenir le salut. Puis nous apprenons que le salut n'a d'autre but que de nous conduire vers Dieu et de nous enseigner à L'attendre. Ensuite, nous découvrons ce qui est encore meilleur : que l'attente de Dieu est en soi le salut suprême. C'est Lui attribuer la gloire d'être le Tout ; c'est faire l'expérience qu'Il est Tout pour nous. Puisse Dieu nous enseigner la bénédiction qu'il y a à L'attendre.

« Mon âme, n'attends que Dieu seul ! »

Chapitre 3